Venezuela: Le Drian évoque une reprise du dialogue entre gouvernement et opposition

Claudine Rigal
Septembre 13, 2017

Le gouvernement et l'opposition vénézuélienne auront mercredi une série de discussions en République dominicaine, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères qui a de nouveau brandi la menace de sanctions européennes si Caracas n'engage pas rapidement le dialogue. Je lui ai communiqué la vive préoccupation de la France sur la situation politique, économique et humanitaire du Venezuela. Entre avril et juillet, les manifestations quasi-quotidiennes de l'opposition en vue d'exiger le départ du chef de l'Etat ont coûté la vie à 125 personnes.

Depuis, les positions semblaient irréconciliables.

J'ai été heureux d'apprendre que le dialogue avec l'opposition allait reprendre demain en République Dominicaine, sous l'égide du président de la République dominicaine, M. Danilo Medina, et de l'ancien premier ministre espagnol, le président José Luis Rodriguez Zapatero.

Après des mois de crise, une amorce de dialogue se dessine entre le président vénézuélien Nicolas Maduro, auteur en juillet d'une sorte de coup d'Etat juridique, et l'opposition. "Zapatero et le président Medina savent bien que j'ai été le promoteur d'un dialogue (avec l'opposition), j'accepte donc cette nouvelle journée de dialogue", a déclaré le successeur d'Hugo Chávez lors d'une réunion de son cabinet retransmise à la télévision.

La Table de l'unité démocratique, qui regroupe l'ensemble des partis antichavistes, s'est par la suite limitée à confirmer une réunion mercredi avec le président dominicain.

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, un socialiste, appelle régulièrement au dialogue avec l'opposition, qui dénonce des manoeuvres dilatoires. Les représentants des deux camps ne devraient donc pas se rencontrer pour le moment.

Le secrétaire général des Nations-Unies Antonio Guterres soutient la médiation hispano-dominicaine et a appelé les deux camps à 'profiter de cette opportunité pour démontrer leur engagement à relever les défis du pays. Mais la coalition de l'opposition vénézuélienne (MUD) avait gelé ces négociations en décembre, accusant le pouvoir de ne pas appliquer des accords déjà conclus sur un calendrier électoral et sur la libération d'opposants emprisonnés. Après l'élection de l'assemblée constituante en août, il se prépare à une élection régionale (gouverneur) à laquelle l'opposition, son chef de file Henrique Capriles en tête, a cette fois-ci décidé de participer en organisant des primaires dimanche dernier. Décriée par une grande partie de la communauté internationale, elle a depuis confisqué les prérogatives du Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition.

À la mobilisation de la rue des derniers mois s'était ajoutée une intense pression diplomatique sur Caracas, doublée de sanctions financières américaines.

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