Voiture de police incendiée à Paris : prison ferme requise

Claudine Rigal
Septembre 23, 2017

Le procureur a décrit l'étudiant en sociologie, arrière-petit-fils de l'écrivain Georges Bernanos, comme "très impliqué dans des actions antifascistes ". Mais pour le parquet, il y a un "faisceau" d'indices qui le désignent. En récidive légale, puisqu'il avait été condamné en 2013 pour des "violences aggravées ", Antonin Bernanos risque, en théorie, jusqu'à vingt ans de prison. Vendredi, le parquet a réclamé à l'encontre de neuf d'entre eux des peines importantes. Ce dernier a notamment requis de la prison ferme contre les principaux meneurs présumés: 4 ans de prison ferme (et un an avec sursis) contre Antonin Bernanos, poursuivi pour violences et dégradations mais qui nie farouchement ces accusations, et 8 ans contre Joachim L., qui aurait lancé le fumigène mais n'a pas pu être interpellé et qui est donc jugé par contumace. Ce délit a été créé en 2009 à l'initiative de l'actuel maire Les Républicains de Nice, Christian Estrosi. Contre ceux qui ont frappé le véhicule à coups de plot métallique, ils ont respectivement réclamé deux et quatre ans de prison ferme.

Les deux représentants du parquet ont ensuite demandé un an de prison ferme, aménageable, contre Thomas Richaud, qui a donné des coups de pied et de poing dans le véhicule. Ce Suisse, rentré en France peu avant le 18 mai 2016, a ensuite pris la fuite et ne s'est jamais présenté devant la justice française.

Lors du procès de la voiture de police brûlée à Paris en 2016, le parquet a requis, ce vendredi, des peines allant de un an de prison avec sursis à huit ans de prison ferme contre les prévenus. Contre tous a été requise une interdiction de manifester pendant trois ans à Paris. Une militante de nationalité américaine pourrait également être interdite de territoire français.

Les audiences ont été houleuses depuis mardi. Les soutiens des prévenus, groupés à l'extérieur de la salle, ont scandé: "Tout le monde déteste la justice " ou "Flics violeurs assassins ".

Depuis le début des débats, notre journaliste Aurélie Sarrot est sur place pour vous faire vivre au plus près ce procès.

Prenant la parole le premier pour la défense, Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'homme et avocat d'Angel Bernanos, a attaqué des "réquisitions incroyablement excessives ".

"C'est bien le procès de quelques casseurs, d'incendiaires", d'une "bande ultraviolente" qui, "par idéologie", a "lynché" deux policiers, a dit le procureur, qui a retourné l'accusation de "dérive anti-démocratique violente" contre les prévenus.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL