90,18% de "oui" à l'indépendance — Catalogne

Xavier Trudeau
Octobre 9, 2017

En pleine crise entre Madrid et Barcelone, le gouvernement catalan vient d'annoncer les résultats définitifs du référendum sur l'indépendance de la région. "Retrouvons la sagesse", le rassemblement de dimanche est soutenu par plusieurs partis politiques anti-indépendance et plusieurs personnalités, comme l'écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, de nationalité péruvienne et espagnole, qui a qualifié l'indépendantisme catalan de "maladie".

La nouvelle séance est prévue mardi à 18 heures, mais l'ordre du jour est vague: il porte sur la "situation politique", sans évoquer la déclaration d'indépendance. C'est dans ce contexte très lourd que des responsables catalans doivent comparaître à Madrid devant l'Audience nationale, haute juridiction chargée des affaires complexes, dont celles qui touchent à la sécurité nationale.

Mais cette volonté d'indépendance qui va crescendo depuis plusieurs années, divise l'Espagne et la Catalogne elle-même. Une position rappelée vendredi par le porte-parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo. Depuis, les séparatistes menacent de déclarer l'indépendance de manière unilatérale sur le fondement des résultats de ce référendum: 90,18% de "oui" à la sécession, plongeant l'Espagne dans sa pire crise politique depuis que l'Espagne est redevenue démocratique.

De la décision que Carles Puigdemont et les siens prendront dépend le sort de 16% de la population espagnole qui vit dans cette région contribuant à hauteur de 19% au PIB de l'Espagne. Une déclaration d'indépendance "serait une folie", a estimé l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Barcelone, ajoutant que cette démarche ouvrirait une "boîte de Pandore" des projets séparatistes en Europe.

Selon ce décompte, le "oui" à l'indépendance a obtenu 2,044 millions de voix, le "non" 177'000 (7,83%). Et tous s'attendent à ce que cette déclaration, si elle intervient, se produise lors d'une séance au parlement catalan où le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont doit s'exprimer, mardi soir.

Les indépendantistes pourraient chercher à profiter de l'élan favorable dans l'opinion catalane, scandalisée par les violences policières ayant émaillé la consultation, qui ont fait au moins 92 blessés.

Le préfet, principal représentant de l'Etat en Catalogne, présente pour la première fois des excuses au nom des forces de l'ordre. "L'Espagne est bien meilleure que ses dirigeants", lisait-on dans leur manifeste, diffusé par le site Change.org, et qui avait recueilli quelque 9.000 signatures hier matin. "Il faut accepter la réalité, il y a un conflit politique, qui ne peut se résoudre que par la voie politique", a jugé Jordi Cuixart. Depuis le début de la crise actuelle, la justice a agi avec fermeté contre les indépendantistes. Le Tribunal constitutionnel a interdit le référendum puis suspendu jeudi la session annoncée pour lundi du Parlement catalan. Jeudi, c'est Banco Sabadell, deuxième banque de Catalogne et cinquième en Espagne, qui a annoncé le transfert de son siège social à Alicante, dans le sud-est du pays, après la dégringolade de son cours de Bourse.

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