Bagdad lance des opérations militaires à Kirkouk, les Kurdes mobilisés — Irak

Claudine Rigal
Octobre 13, 2017

L'agence de sécurité de l'administration régionale kurde d'Irak (ARKI), a prétendu que l'armée irakienne et Hachd al-Chaabi transféraient des armes lourdes à Kirkouk et projetaient de prendre le contrôle des puits de pétrole et de l'aéroport militaire. Face à elles, des milliers de peshmergas (combattants kurdes), prêts à "défendre" leurs positions, selon les autorités kurdes, en crise ouverte avec le gouvernement central depuis la tenue, le 25 septembre, de leur référendum d'indépendance contre l'avis de Bagdad. Les forces gouvernementales progressent, vendredi 13 octobre, dans le sud de la province pétrolière de Kirkouk (Irak).

Les Unités de mobilisation populaire (ou Hachd al-Chaabi, en arabe), dominées par des milices soutenues par l'Iran, sont placées directement sous le commandement de M. Abadi, également commandant en chef des forces armées. "Nous avons informé les commandants militaires présents sur place que nous étions en contact" avec le Premier ministre, Haider Al-Abadi, et "qu'il nous avait dit que nos problèmes seraient réglés par le dialogue sous 48 heures", a-t-il rapporté. "Mais les commandants militaires nous ont répondu qu'ils avaient des ordres leur intimant d'avancer vers ces régions et qu'ils ne se préoccupaient pas des déclarations d'Al-Abadi", a ajouté le commandant peshmerga.

Le Hachd a toutefois publié des photos montrant un de ses membres en tenue kaki faisant le V de la victoire devant un drapeau kurde.

Elles disent redouter que les forces gouvernementales disséminées à travers le pays à l'issue des différentes batailles contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ne retournent désormais leurs armes contre les peshmergas.

"L'escalade ne viendra pas de notre part, nous nous défendrons seulement et nous les repousserons s'ils attaquent", a-t-il ajouté.

Le gouvernement du Kurdistan irakien (KRG) a affirmé vendredi que les forces irakiennes s'apprêtaient à reprendre militairement les champs de pétrole de la région de Kirkouk, que se disputent Bagdad et Erbil.

"Les forces armées irakiennes avancent pour reprendre leurs postes militaires pris lors des événements de juin 2014", lorsque les peshmergas (combattants kurdes) se sont emparés de positions des forces du gouvernement central dans le chaos créé par la percée jihadiste, a indiqué à l'AFP ce général sous le couvert de l'anonymat.

Les autorités centrales, par le biais de la société d'Etat, la North Oil Company (NOC), étaient en charge de l'ensemble des champs pétroliers de la riche province de Kirkouk. Si les Kurdes perdaient ces champs, cela constituerait une perte considérable de revenus pour la région autonome.

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