Bagdad multiplie les coups pour pulvériser le rêve d'indépendance du Kurdistan — Irak

Claudine Rigal
Octobre 12, 2017

Pour rappel, le référendum d'autodétermination du peuple kurde organisé le 25 septembre 2017, a vu le "OUI " l'emporter à plus de 90% des votes.

Un tribunal de Bagdad a ordonné mercredi l'arrestation des organisateurs du référendum d'indépendance au Kurdistan, à la demande du gouvernement irakien qui multiplie les mesures de rétorsion contre cette région autonome dont il veut aussi tarir les revenus pétroliers.

Les liaisons aériennes avec l'étranger ont été coupées par Bagdad après le " oui " massif à l'indépendance.

L'Irak a encore pressé ces deux pays de "cesser tout commerce, notamment d'hydrocarbures, avec la région autonome, car cette question ne doit être traitée qu'avec le gouvernement central".

" Nous ne reconnaissons pas cette décision et nous ne lui prêtons aucune importance, car c'est une décision politique ", a réagi M. Saleh, comparant cette décision aux mesures qu'utilisait le régime du dictateur Saddam Hussein, déchu par les Américains en 2003.

Cette décision a été rendue après que la justice a été saisie par le Conseil de la sécurité nationale, présidé par le Premier ministre irakien Haider Al Abadi et où siègent plusieurs ministres.

"Bagdad a promis ce jour-là des sanctions contre les fonctionnaires ayant participé au référendum, menaçant les " corrompus " en prévenant que les fonds détournés seraient " récupérés ". Cela veut par contre dire que leurs déplacements seront limités et qu'ils seront confinés à la région autonome kurde.

Bagdad souhaite aussi reprendre le contrôle sur les revenus pétroliers. L'exportation du pétrole sous contrôle kurde atteint en moyenne 550.000 b/j, dont la moitié est extraite des champs de Kirkouk.

La production pétrolière constitue une importante source d'argent pour le Kurdistan irakien, son économie étant très peu diversifiée.

Selon les experts, après avoir repris la quasi-totalité de son territoire aux mains du groupe armé État islamique (EI), le gouvernement irakien souhaite maintenant " renverser les faits accomplis " créés par les Kurdes. Ils ont, en effet, profité des victoires contre l'EI pour, entre autres, agrandir leur territoire. Exactement deux semaines après une victoire massive du "oui" lors de cette consultation, la crise continue de s'envenimer entre Erbil et Baghdad.

Pour l'instant, l'Iran a décidé de geler les échanges de produits pétroliers, tandis que la Turquie n'a que menacé de bloquer les exportations pétrolières kurdes.

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