Cytotec : un médicament qui déclenche les accouchements retiré du marché

Evrard Martin
Octobre 19, 2017

Souhaitant éviter une polémique, le laboratoire Pfizer, qui assure au Parisien ne "pas préconiser" son usage gynécologique, a pris la décision de retirer le Cytotec du marché français.

Le Cytotec est au départ un médicament utilisé pour le traitement des ulcères gastrique et duodénal évolutifs.

En annonçant la fin de la commercialisation de son médicament en France dès le 1er mars 2018, Pfizer prend donc les devants. Depuis sa mise sur le marché en 1987, ce produit est en effet très peu utilisé pour sa fonction première: traiter les ulcères à l'estomac.

Des usages détournés qui ne sont pas sans risques pour la mère et l'enfant, souvent victimes de surdosage. En parallèle, l'association Timéo (https://timeo-asso.fr/) a beaucoup milité (en proposant notamment une pétition en ligne) pour l'arrêt de l'utilisation de cette molécule en obstétrique. Ce médicament "suppose d'utiliser un huitième du comprimé qui est dosé à 200 microgrammes, ce qui vu sa taille (moins d'un centimètre) est pour le moins hasardeux", indique le Dr Thierry Harvey, gynéco-obstétricien, relayé par l'AFP. "Ce n'est pas possible de faire vivre cela à des femmes", déplore Mme Joux.

Il y a trois ans déjà, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait publié une mise en garde contre les risques potentiels de l'usage hors AMM du Cytotec: "Dans le déclenchement de l'accouchement à partir de 37 semaines d'aménorrhée, le recours à des spécialités non autorisées, quelle que soit la voie d'administration, fait courir des risques graves à la mère et à l'enfant". Un comprimé lui avait été administré par voie vaginale: les contractions sont si violentes que l'utérus se déchire "d'un bout à l'autre". Le Gymiso, de Linepharma, possède le même taux de misoprostol mais n'a pas été déclaré comme dangereux, il pourrait donc être utilisé dans le même cadre que le Cytotec. 12 euros pour celui de Gymisio! En effet, aux Etats-Unis, plusieurs problèmes gravissimes, voire mortels, liés à la prise de Cytotec ont été reportés. L'agence du médicament avait été assez claire: risques d'hémorragies, de rupture utérine, anomalies du trouble cardiaque du fœtus. "Il faut modifier la loi pour pouvoir interdire des pratiques identifiées comme dangereuses", ajoute M. Ceretti.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL