Des milliers de membres présumés de Boko Haram jugés au Nigeria

Xavier Trudeau
Octobre 9, 2017

Cette fois, la justice fédérale se dit en mesure de juger 1 670 personnes actuellement détenues dans le centre militaire de Kainji dans l'Etat du Niger, dans le nord-ouest du pays.

L'annonce a été faite par le ministère nigérian de la justice, la semaine dernière.

C'est aujourd'hui lundi 9 octobre que s'ouvre au Nigeria le procès inédit de 2300 personnes supposées appartenir au groupe terroriste Boko Haram qui sévit depuis quelques années au Nord du Nigéria, du Cameroun et au Tchad.

"Il s'agit surtout de trier les dossiers des suspects pour déterminer qui va être entendu aujourd'hui et ceux qui seront jugés plus tard". À ce jour, seules 13 personnes ont été jugées et neuf condamnées pour leurs liens avec l'insurrection.

C'est dire donc que nombre d'organisations de la société civile ou de défense des droits de l'homme auront les yeux rivés sur ce procès de ces 2300 membres présumés de la secte Boko Haram dont les audiences devraient débuter au sein même des centres de détention militaires.

Le ministère a reconnu que de nombreux écueils attendent les juges, évoquant notamment des enquêtes mal menées en raison de l'insécurité en zone de guerre et d'une "trop grande dépendance aux preuves basées sur les aveux ". En 2015, Amnesty International avait confié dans un rapport, que des milliers des personnes ont été tuées ou mortes en détention depuis le début des conflits en 2011.

Aujourd'hui, "personne ne sait exactement combien de personnes sont détenues, si elles sont encore en vie et où elles se trouvent", affirme Isa Sanusi, chargé de communication pour Amnesty Nigeria. On est donc tenté de croire que ces procès en masse sont la réponse du gouvernement à la pression internationale. On se rappelle que l'administration Obama avait bloqué un accord d'environ 600 millions de dollars pour 12 avions de chasse au profit du Nigéria.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL