Édouard Philippe fait un parallèle avec... sa fille — "Bordel"

Claudine Rigal
Octobre 9, 2017

"Je n'ai jamais été très fan des ultimatums". La formation de droite doit décider, mardi, s'il est exclu du parti, tout comme deux de ses ministres, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics et Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

"J'ai été fondateur de ce parti, j'étais le premier directeur général avec Alain Juppé, l'idée était de faire un grand parti de la droite et des centres". Je l'ai vu s'étioler au fil des années, s'appauvrir autour d'une ligne idéologique de plus en plus à droite qui perdait d'abord le centre, ensuite la droite modérée. Et je la vois aujourd'hui critiquer des mesures qu'elle appelait de ses voeux il y a quelques mois. "Donc ça me laisse rêveur".

" Emmanuel Macron dit les choses et lui aussi assume ce qu'il pense et ce qu'il fait, et ça fait du bien", a-t-il conclu. Édouard Philippe n'a pas été choqué par l'emploi du terme "bordel" par Emmanuel Macron au moment d'évoquer la situation des salariés de GM&S, qui manifestent pour la préservation de leur emploi.

"Interrogé sur les propos d'Emmanuel Macron à propos de " ceux qui foutent le bordel ", Edouard Philippe a nuancé leur portée, se disant étonné qu'on y consacre " autant de temps et de commentaires " et estimant qu'il pouvait arriver au président de " se laisser aller ". Le président de la République s'exprime avec une grande clarté et souvent un registre de vocabulaire qui a pu le placer sous le feu d la critique quand on considérait qu'il avait des formulations trop intellectuelles.

Et le Premier ministre de trouver une justification à cette incartade verbale présidentielle: "Il se trouve que par ailleurs il lui arrive, comme il m'arrive, comme il vous arrive sans doute. vous vous laissez aller, vous dites quelque chose qui relève de l'ordre du gros mot".

Enfin, à l'aube d'une nouvelle journée de contestation, Édouard Philippe a tenu à assurer les fonctionnaires qu'il ne les "déconsidérait en aucune façon". "Je sais le rôle nécessaire qu'ils jouent dans le lien social", affirme-t-il.

"Je veux d'abord que les plus riches cessent de partir". "Je ne suis pas contre augmenter les taxes existantes. Et ensuite, je veux qu'ils reviennent", a-t-il aussi lancé. "Il y a énormément de mesures qui sont destinées à améliorer la situation des plus fragiles. Tous les actifs vont pouvoir le constater à partir du début de l'année".

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