En cause dans un décès sur six — Pollution

Evrard Martin
Octobre 20, 2017

Il a été rédigé par The Lancet Commission on pollution and health, une instance qui associe la célèbre revue médicale britannique 'The Lancet' et des organismes internationaux, des ONG et une quarantaine de chercheurs spécialisés dans les questions de santé et d'environnement.

"On estime que les maladies causées par la pollution ont été responsables de 9 millions de morts prématurées en 2015 -soit 16% de l'ensemble des décès dans le monde", évalue ce rapport, issu de deux ans de travail d'une commission associant la revue médicale britannique, plusieurs organismes internationaux, des ONG et une quarantaine de chercheurs spécialisés dans les questions de santé et d'environnement. Les décès attribués à la pollution sont trois fois plus élevés que ceux du sida, du paludisme et de la tuberculose combinés souligne le rapport qui n'hésite pas à parler de "crise qui menace la survie des sociétés humaines".

En cause principalement, la pollution de l'air, responsable à elle seule de 6,5 millions de décès, en causant notamment des maladies cardiaques, des AVC, des cancers du poumon et des broncho-pneumopathies chroniques obstructives. La pollution sur le lieu de travail en causerait environ 800.000, via l'exposition à des substances toxiques ou cancérigènes.

Pis encore, la 'double peine' est que ce fléau frappe surtout les populations les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète: 92% de ces 9 millions de décès prématurés surviennent dans des pays à revenu faible ou moyen.

Dans les pays en voie d'industrialisation rapide comme l'Inde, le Pakistan, la Chine, Madagascar ou le Kenya, jusqu'à un décès sur quatre pourrait être lié à la pollution.

Ces très nombreux décès ont également un coût économique non négligeable: ces vies écourtées auraient un poids de 4.600 milliards de dollars, soit 6,2% de la richesse mondiale. Or cette question est encore "négligée tant par les gouvernements que par les organisations pour le développement" pour la revue, qui appelle "à s'attaquer d'urgence à la situation". Et, dans chaque pays, ce sont les minorités et les populations marginalisées qui en sont les principales victimes.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL