Le Maire nie toute négligence dans l'utilisation des fonds publics — Alstom

Xavier Trudeau
Octobre 5, 2017

Montebourg a brandi lundi à Grenoble le risque de poursuites pénales contre Le Maire pour "détournement de fonds publics par négligence", rappelant le précédent de Christine Lagarde, condamnée par la Cour de justice de la République, tout en étant dispensée de peine.

Mis en cause par son prédécesseur socialiste Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a nié mercredi toute négligence dans le rapprochement entre Alstom et Siemens. "Il reste quinze jours pour que l'Etat rachète les actions qu'il loue à Bouygues au sein d'Alstom et qu'ensuite il fasse jouer l'option de rachat de GE Renewable", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie, qui avait oeuvré à la rédaction de l'accord de co-entreprise lors du mariage de General Electric avec la partie énergies d'Alstom en 2014.

Face aux députés de la commission des Finances, le ministre a réagi vivement aux allusions à l'affaire de l'arbitrage controversé qui a permis à Bernard Tapie de toucher 404 millions d'euros pour régler son litige avec le Crédit lyonnais, à l'origine de la condamnation de l'actuelle directrice du FMI.

En outre, le locataire de Bercy a assuré que la prise de contrôle d'Alstom par Siemens n'aurait pu se faire si l'État avait exercé son option pour entrer dans le capital du groupe français.

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"Ça se heurtera à un problème de concurrence, bien entendu (.) mais ça rejoint la nécessité de faire évoluer certains points de la politique européenne", a conclu le ministre.

Mais pour Bruno Le Maire, Siemens n'apporte que des garanties pour Alstom: "J'ai un peu de mal à comprendre, sauf par xénophobie ou germanophobie à peine dissimulée, les critiques de certains, d'ailleurs sur beaucoup de bancs, de toute la classe politique", a-t-il regretté.

"Je suis convaincu que cette consolidation intègrera le moment venu et Bombardier et le constructeur espagnol" CAF.

"Aucun départ contraint ni aucune fermeture de site ne pourra avoir lieu dans les deux pays (France et Allemagne, ndlr) jusqu'en 2023 au moins", a-t-il affirmé.

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