Les fonctionnaires français dans la rue, Macron ne cède pas

Claudine Rigal
Octobre 11, 2017

130 manifestations prévues dans toute la France et 5,2 millions de fonctionnaires appelés à la grève par les principaux syndicats: en France, c'est "quitte ou double" ce mardi 10 octobre, assène Le Temps.

Après les retraités et les routiers, après les manifestants opposés aux ordonnances réformant le Code du travail, c'est au tour des fonctionnaires de défiler ce mardi 10 octobre.

Reste à savoir si une mobilisation conséquente freinera Emmanuel Macron dans ses ambitions réformatrices, car le président de la République entend rapidement ouvrir d'autres dossiers délicats.

"Macron regarde ta Rolex, c'est l'heure de la révolte", pouvait-on lire parmi les slogans déployés à Saint-Nazaire (ouest). Ils étaient aussi plusieurs milliers à manifester à Rennes et Nantes, Montpellier ou Strasbourg. C'est le message qu'ont essayé de faire passer à #Emmanuel Macron des foules de fonctionnaires manifestant partout en France, sur l'appel unitaire lancé par l'ensemble de leurs #Syndicats.

Les professeurs et fonctionnaires de l'éducation nationale, eux, sont appelés à descendre dans la rue et le mouvement s'annonce " très suivi " selon les syndicats.

A Marseille, dans le sud-est de la France, les trois-quart des cantines étaient fermées et 80% des crèches, selon la mairie. Dans le ciel, 30% des vols ont été annulés préventivement en raison de la grève des agents de l'Aviation civile, qui emploie majoritairement des fonctionnaires.

Du côté des services hospitaliers, les médecins, les pharmaciens, les dentistes ont gonflé les rangs des aides-soignants et des infirmiers venus faire entendre leurs voix afin de dénoncer la précarisation de leurs conditions de travail et la perspective de voir chuter leur pouvoir d'achat.

Des mesures assumées "pleinement" par le Premier ministre Edouard Philippe, pour qui les fonctionnaires ne sont "pas du tout déconsidérés" et "même essentiels dans le fonctionnement de notre pays".

"Il y a une mobilisation importante".

Une opinion partagée par Frédéric Dabi de l'institut de sondage Ifop: "les fonctionnaires ont le sentiment qu'ils sont stigmatisés et qu'ils font les frais de la politique du gouvernement".

Cette journée d'actions vient s'ajouter aux divers mouvement de colère qui ont surgi ces dernières semaines contre les projets du gouvernement, sans parvenir à contraindre pour l'instant ce dernier à revoir fondamentalement sa copie.

Pourtant, plusieurs syndicats voient leur base demander des actions plus fermes, et la pression générale semble monter. Selon un sondage Harris Interactive diffusé lundi, près de six Français sur dix (57%) déclarent soutenir les grèves et les manifestations contre les ordonnances réformant le Code du travail, auxquelles ils sont de plus en plus défavorables.

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