"Nemo" est stressé, et pond moins — Océans

Alain Brian
Octobre 12, 2017

Et comme eux, elles subissent le blanchissement, une conséquence du changement climatique. Or, les poissons-clowns utilisent les anémones de mer pour se protéger et pour y pondre leurs oeufs, et le blanchissement affectait leur ponte: chez les anémones de mer touchées, les oeufs de poisson-clown diminuaient de 73 %. Leurs résultats, publiés dans la revue Nature Communications du 10 octobre, sont sans appel. Elles constituent une part très importante de la biodiversité, et.) microscopique, qui leur donne leur couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude (s) donnée (s).), et en association avec certaines espèces de poissons (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Ceci entre 2015 et 2016, avant, pendant et après le passage du phénomène El Niño, qui a réchauffé le récif de 2°C. En cause: la forte augmentation des taux de cortisol - hormone du stress - dans le sang des poissons-clowns abrités dans les anémones blanchies. Ainsi, le blanchiment des anémones provoque un stress qui diminue les taux d'hormones sexuelles et donc la fécondité des poissons. "Ces liens, déjà établis dans des expériences de laboratoire, sont confirmés pour la première fois dans des conditions naturelles chez des poissons", concluent les scientifiques". Ces poissons pondaient moins fréquemment, des ufs moins nombreux et moins viables – alors que ces paramètres étaient inchangés chez les poissons abrités par les anémones non blanchies.

Près de quatre mois après la fin de l'épisode de réchauffement, les chercheurs ont noté que l'état de santé des anémones et des poissons s'est amélioré. "Et face à un nouvel épisode, les poissons-clowns qui ont subi un premier stress seront-ils mieux acclimatés, ou au contraire fragilisés?"

Ces conclusions inquiètent les chercheurs, qui rappellent dans leur rapport qu'au moins 51 espèces de poissons vivent en symbiose avec des anémones dans le monde.

La teinte dorée des anémones est due à des microalgues présentes dans leurs tentacules.

Les chercheurs tirent la sonnette d'alarme: "En cas de blanchiment prolongé, comme celui de la Grande barrière de corail australienne en 2016 et 2017, c'est le renouvellement de toutes ces populations qui pourrait être affecté, et avec lui la stabilité des écosystèmes".

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