Sans dialogue entre Madrid et Barcelone, Puigdemont pourrait déclarer l'indépendance — Catalogne

Xavier Trudeau
Octobre 9, 2017

Dans leur très grande majorité, les Catalans souhaitent un référendum légal sur l'indépendance et considèrent Madrid, à seulement 624 km au sud-ouest, comme très éloigné de la réalité catalane, mais les adversaires de l'indépendance sont plus nombreux que ses partisans, selon le dernier sondage des autorités catalanes qui date de juillet.

Le dirigeant sécessionniste de la Catalogne a laissé entendre qu'il allait déclarer l'indépendance si Madrid refusait une médiation, à l'approche d'une cruciale séance parlementaire mardi et après un week-end où des centaines de milliers de Catalans ont crié "Basta" dans la rue. Les indépendantistes menés par le président catalan Carles Puigdemont continuent à avancer vers la sécession dans la foulée du référendum de dimanche, mais le gouvernement central de Mariano Rajoy écarte toute possibilité de médiation tant qu'ils n'auront pas renoncé à leur ambition. On rappelle que la Cour constitutionnelle a suspendu la séance de lundi durant laquelle le Parlement devait annoncer cette indépendance.

Carles Puigdemont annonce qu'il repousse son intervention devant le Parlement régional.

Vendredi un apaisement semblait avoir été amorcé alors que le responsable des Entreprises au sein du gouvernement catalan, Santi Vila, réputé proche du président régional, réclamait " un cessez-le-feu " symbolique au gouvernement, et demandait aux indépendantistes de ne pas " prendre de décisions qui pourraient être irréparables " pour leur cause. Les indépendantistes sont à présent partagés entre ceux qui préconisent de défier Madrid jusqu'au bout, en proclamant l'indépendance sans plus tarder, et ceux qui laissent la porte ouverte à une médiation avec Madrid, que réclame avec insistance Carles Puigdemont. "Pour dialoguer, il faut rester dans la légalité", a déclaré jeudi Mariano Rajoy.

L'instabilité dans cette région alarme les Espagnols, mais aussi l'Europe. Il a aussi appelé dans le quotidien catalan Ara à "réfléchir à l'utilité et aux conséquences" d'une déclaration d'indépendance d'une "République de Catalogne" dans l'immédiat. Le "oui" l'a donc emporté avec 90,18% des suffrages.

Selon ce décompte, le "oui" à l'indépendance a obtenu 2,044 millions de voix, le "non" 177'000 (7,83%).

Josep-Lluis Trapero, Jordi Sanchez (Assemblée nationale catalane) et Jordi Cuixart (Omnium) sont ressortis libres, le parquet n'ayant pas requis leur placement en détention.

"Nous aussi, nous sommes Catalans", lisait-on sur une des pancartes de la manifestation de Barcelone.

"Il faut que des rectifications se produisent". Depuis le début de la crise actuelle, la justice a agi avec fermeté contre les indépendantistes.

De même que l'exécutif catalan avait ignoré l'interdiction du référendum et décidé la tenue de la consultation, sans toutefois les habituelles garanties élémentaires de régularité (commission électorale, vote secret.), la présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, a paru indiquer que la session prévue aurait lieu. Sur fond de dégringolade boursière, Banco Sabadell, deuxième banque catalane, annonce le transfert de son siège social hors de la région.

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