Un compromis enfin trouvé pour le canal Seine Nord Europe

Evrard Martin
Octobre 4, 2017

Ils venaient défendre le projet du canal Seine-Nord.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et la ministre des Transports Elisabeth Borne ont annoncé avoir trouvé un "compromis" avec les collectivités locales permettant de relancer le projet du canal Seine-Nord en "pause" depuis le 1er juillet, mardi dans le Courrier picard.

Le gouvernement a confirmé le "compromis" passé en août avec les collectivités cofinanceuses du projet de canal Seine-Nord alors que Xavier Bertrand, le président LR des Hauts de France, et nombre d'élus menaçaient de perturber la visite d'Emmanuel Macron à Amiens le 3 octobre.

Dans les cartons depuis plus de trente ans et souhaité par une majorité des élus locaux, ce projet de canal n'en finit pas de s'enliser, à tel point que sa réalisation semble de plus en plus incertaine. Ce sont encore les collectivités locales qui assureront la gouvernance même si l'Etat conservera une minorité de blocage.

Avec les fonds européens, les collectivités financeraient les deux premières années du chantier, l'Etat apportant ensuite son milliard d'euros.

Ce canal, long de 107 kilomètres entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord), a vocation à être le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l'Europe du Nord, pour le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne. "Comme pour le fonctionnement de la société du Grand Paris duquel la région voulait se rapprocher, il ne s'agira pas de crédits budgétaires, mais de taxes affectées", précise Gérald Darmanin.

Pour faire redémarrer la machine, les collectivités locales (région et départements) ont décidé de reprendre le projet en main.

Interrogé à Amiens en marge de son déplacement, le président Macron est allé dans le même sens, disant croire que " la décision qui a été prise est la bonne ". Elles se sont engagées à trouver par emprunt les 700 millions d'euros manquant pour boucler ce projet d'au moins 4,5 milliards d'euros cofinancé par Bruxelles. Et le président de l'exécutif régional, Xavier Bertrand, avait aussitôt fait travailler ses équipes pour monter des contre-propositions, qui ont été avalisées dans leurs grandes lignes. "La société en question ne fonctionnait plus, nous étions dans l'incapacité de procéder aux acquisitions foncières nécessaires pour que le travail continue", a expliqué Jean-René Lecerf, président du conseil départemental du Nord. Mais Xavier Bertrand a déjà dit qu'il s'opposait à cette " écotaxe " régionale.

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