Un membre de la commission électorale démissionne — Kenya

Claudine Rigal
Octobre 18, 2017

"La commission dans son état actuel ne peut certainement pas garantir une élection crédible le 26 octobre 2017".

" La Commission est devenue partie prenante à la crise actuelle: la Commission est assiégée, il est de plus en plus difficile de continuer à assister aux réunions plénières où les commissaires sont prêts à voter selon des règles partisanes et à ne pas discuter le mérite des questions dont ils sont saisis " a-t-elle déclaré.

Quelques heures après la démission d'une des sept commissaires de la Commission électorale (IEBC), Roselyn Akombe, M. Chebukati s'est livré à une critique virulente des dirigeants politiques kényans, de tous bords.

Selon elle, l'assassinat du responsable informatique de la commission électorale, Chris Msando, tué moins d'une semaine avant le scrutin présidentiel du 8 août dernier, prouve que ces menaces doivent être prises au sérieux.

Dans une interview à la BBC, elle dit également avoir craint pour sa vie et n'envisage pas de rentrer dans son pays natal dans un avenir proche.

Depuis l'invalidation de l'élection par la Cour suprême, l'IEBC est la cible première des récriminations de l'opposition.

Le leader de l'opposition Raila Odinga a annoncé son retrait (qu'il n'a toutefois pas encore formalisé) de la présidentielle du 26 octobre, estimant que l'IEBC n'avait pas conduit les réformes nécessaires susceptibles de garantir un scrutin équitable.

Le Dr Akombe soutient que sa conscience ne lui permet pas de défendre certaines positions de la commission.

"Il n'est pas trop tard pour sauver notre pays de cette crise".

"Il faut que la commission fasse preuve de courage et affirme que l'élection telle qu'elle est prévue ne répond pas aux attentes d'un scrutin crédible", a assené Roselyn Akombe.

Mme Akombe était rapidement devenue une figure familière des Kényans en raison de ses apparitions dans les journaux télévisés pour expliquer l'avancement des préparatifs de la Commission.

Sa démission est un pavé dans la mare avant l'élection du 26 octobre et vient donner un peu plus de poids aux griefs de l'opposition.

Odinga a appelé des manifestations quotidiennes pour protester contre le corps électoral.

Plus de 1 200 personnes ont été tuées dans des violences après une élection présidentielle contestée en décembre 2007.

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