Activités de Lafarge en Syrie : le siège du cimentier perquisitionné à Paris

Claudine Rigal
Novembre 14, 2017

Une perquisition était en cours, mardi 14 novembre, au siège de Lafarge à Paris, sa-t-on appris auprès du cimentier.

"Nous coopérons pleinement avec les enquêteurs, mais nous ne pouvons faire davantage de commentaires sur cette enquête en cours", a déclaré une porte-parole de Lafarge à l'AFP.

Un communiqué du parquet fédéral belge a indiqué: "Un juge d'instruction spécialisé en matière de terrorisme de Bruxelles a fait procéder ce matin à l'exécution par la police judiciaire fédérale d'une perquisition à Bruxelles, simultanément à d'autres perquisitions effectuées en France". En outre, elle souhaite faire la lumière sur la connaissance des responsables du groupe de tels accords et des dangers liés pour les employés syriens. L'enquête doit déterminer si le cimentier franco-suisse a versé des sommes d'argent importantes à l'Etat islamique pour continuer à faire fonctionner malgré la guerre civile la cimenterie de Djalabiya implantée dans le nord de la Syrie.

"Les enquêteurs cherchent à savoir si Groupe Bruxelles Lambert aurait pu être au courant des agissements du cimentier en Syrie", d'après la source proche de l'enquête.

Ces révélations, publiées en juin 2016 par le journal Le Monde, ont montré du doigt de "troubles arrangements" entre Lafarge Cement Syrie (LCS), la branche syrienne du groupe, et l'organisation Etat islamique alors que le groupe jihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région.

Dans son rapport, dont l'AFP a eu connaissance, le SNDJ conclut que LCS a "effectué des paiements aux groupes jihadistes" pour que la cimenterie continue à fonctionner. "Si rien ne me remontait, c'est que rien de matériel ne se produisait", a assuré l'ex-PDG du groupe, Bruno Lafont devant le SNDJ.

C'est aussi dans cette affaire que d'anciens responsables de l'entreprise ont affirmé que la volonté de rester alors en Syrie avait reçu l'aval des autorités françaises.

L'association anticorruption Sherpa, qui a également déposé plainte au nom de onze ex-salariés syriens de la cimenterie, a demandé que l'ancien ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, actuel président du Conseil constitutionnel, soit entendu.

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