Bruxelles épingle le budget de Macron pour 2018

Xavier Trudeau
Novembre 22, 2017

Selon Bruxelles, l'Italie, la Belgique, le Portugal, l'Autriche et la Slovénie sont également susceptibles de s'éloigner des objectifs fixés. Selon les prévisions d'automne de la Commission européenne, présentées le 9 novembre, la dette publique italienne est la deuxième plus élevée de toute l'UE après celle de la Grèce: en 2017, elle culmine à 132,1% du Produit Intérieur Brut (PIB), pour baisser légèrement à 130,8% en 2018, puis 130,0% en 2019. Alors que le président avait promis de respecter les règles européennes en matière budgétaire, la Commission européenne, qui publie ce mercredi, comme chaque année, une évaluation des budgets européens, estime que la France présente un "risque de non-conformité".

La Commission remarque concernant l'Hexagone "un écart important" entre le budget qui lui a été présenté et "la trajectoire d'ajustement requise" pour atteindre son objectif d'assainissement des finances publiques. Autrement dit, si un budget prévoyant un déficit inférieur ou égal à 3% du PIB est conforme aux critères de stabilité inscrits dans les traités, il est insuffisant, dans le cas de la France, pour ramener la dette de 96,9% du PIB en 2018 vers le seuil des 60% prévu dans les traités. Emmanuel Macron et son ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, vont donc devoir patienter quelques mois avant de se féliciter d'un retour de la "crédibilité de la France" sur la scène européenne.

Un sommet européen est prévu à Bruxelles mi-décembre prochain. "La marge de sécurité est faible. Et son déficit moyen devrait tomber sous les 1% du PIB l'an prochain, alors qu'il dépassait les 6% en 2010", a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Avec l'Espagne, la France reste le seul pays de la zone euro encore sous le coup d'une "procédure de déficit excessif" en raison de ses largesses budgétaires. Mais cela ne s'est encore jamais produit.

Il lui est désormais demandé de réduire son déficit structurel, c'est-à-dire le déficit calculé sans les effets de la conjoncture économique. Seuls six pays parmi les 19 ayant adopté la monnaie unique sont en conformité totale avec les règles européennes: l'Allemagne, la Lituanie, la Lettonie, le Luxembourg, la Finlande et les Pays-Bas. Une discussion sur ces réformes y sera à l'ordre du jour.

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