Démission de la vice-Première ministre pour résoudre la crise — Irlande

Claudine Rigal
Novembre 28, 2017

Le parti d'opposition de centre-droit Fianna Fáil, avec lequel le Fine Gael (centre-droit également) du Premier ministre Leo Varadkar a passé voilà dix-huit mois un accord pour gouverner, faute de majorité au parlement, avait réclamé cette démission.

La vice-Première ministre irlandaise a démissionné, évitant une chute du gouvernement minoritaire et la convocation d'élections anticipées au moment où l'Union européenne et la Grande-Bretagne sont entrées dans une phase critique des négociations du Brexit. Il a annoncé récupérer temporairement le portefeuille du Commerce, des entreprises et de l'innovation que détenait la vice-Première ministre.

Et lundi soir, de nouveaux documents concernant le rôle joué par Frances Fitzgerald dans le scandale qui éclabousse la police depuis 2014 ont été publiés, scellant son sort. " Je crois qu'il est nécessaire de prendre cette décision pour éviter des élections malvenues et potentiellement déstabilisatrices ", a déclaré cette dernière sur twitter.

Les analystes pensent que la décision de Mme Fitzgerald écartera la possibilité d'élections générales anticipées avant Noël, qu'aucun des deux partis ne souhaite par ailleurs.

Sa démission était réclamée par l'opposition depuis sa mise en cause dans une affaire impliquant un lanceur d'alerte au sein de la police. Mme Fitzgerald est accusée d'avoir menti sur ce qu'elle savait au sujet d'une campagne de dénigrement supposée menée par la direction de la police contre un officier, Maurice McCabe. Deux autres partis d'opposition, le Labour (travailliste) et le Sinn Fein (nationaliste) étaient associés à cette exigence et ont de toute façon estimé, mardi, que le départ de Frances Fitzgerald ne devrait pas suffire à éviter la tenue d'élections anticipées d'ici à trois-quatre mois.

Saluant son travail, le Premier ministre a dit avoir accepté son départ "avec un profond regret" à l'ouverture de la séance parlementaire mardi après-midi. Dans un premier temps, elle avait refusé de démissionner, déclarant qu'elle souhaitait se défendre devant une commission d'enquête.

Londres espère lancer des négociations sur un futur accord commercial avec l'UE lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre mais ce feu vert dépendra notamment de l'avis de Dublin, qui juge pour l'instant que les négociations sur l'avenir de la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord n'ont pas suffisamment progressé.

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