"Journalistes de m…" : l'équipe de Cash Investigation insultée chez Carrefour

Pierre Vaugeois
Novembre 29, 2017

Dès 21 heures, Elise Lucet s'intéressera à une matière que des millions de Français portent tous les jours, le coton.

Les journalistes ont découvert que du coton ouzbek entrait dans la fabrication des T-shirts "Tex", vendus par Carrefour. Une enquête qui a fait beaucoup réagir les internautes sur Twitter, allant jusqu'à la création d'un hashtag pour boycotter Carrefour ( #BoycottCarrefour). Certains appellent au boycott de Carrefour. Alors pour avoir quelques explications, l'équipe de Cash Investigation n'a cessé de faire des demandes d'interviews mais face aux nombreux refus, Elise Lucet a donc décidé de se rendre directement à une réunion d'actionnaires pour poser quelques questions. Or, ce coton est récolté grâce au travail forcé et au travail des enfants.

Constatant que l'étiquette verte Better Cotton Initiative (BCI) s'est peu à peu substituée aux labels de coton bio (produit sans pesticide ni OGM, utilisant moins d'eau que les 5 000 litres nécessaires à un tee-shirt en coton traditionnel), la journaliste a cherché à savoir ce que recouvrait cette nouvelle charte. "Gauchistes dehors!", "Journalistes de merde", "Vendus": les actionnaires l'ont couverte d'insultes, après que le PDG de l'époque Georges Plassat, lui assurait qu'elle aurait une interview, ce qui n'est évidemment jamais arrivé...

Une violence verbale qui a également été très commentée sur les réseaux sociaux. Malgré les initiatives prises après la catastrophe du Rana Plaza en 2013, qui coûta la vie à 1 135 Bengalis, des ouvrières rapportent gagner 50 € par mois, travailler avec des enfants parfois violentés, être logées dans leurs usines et devoir demander l'autorisation de sortie à leur supérieur. "À gerber", a déploré un internaute tandis qu'un autre a qualifié ce comportement de "minable".

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