Les petites lubies des politiques — Protection des personnalités

Claudine Rigal
Novembre 9, 2017

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur (1993-1995) aurait demandé aux policiers qui assurent sa protection de sortir régulièrement son chien et de cirer ses chaussures. Le pouvoir d'affecter ou de retirer des agents du Service de la protection (SDLP) revient au ministère de l'Intérieur.

Le Parisien révèle comment certains politiques abusent des services de protection qui leur sont accordés. Il y a quelques jours, Le Point révélait que Brice Hortefeux demandait à ce que ses enfants soient aussi protégés et convoyés fréquemment entre Clermont-Ferrand et Paris. Mes enfants disposent d'une protection très ponctuelle, à raison de deux fois par mois. "Un ex-officier de sécurité a quitté son poste, car il ne supportait pas qu'Édouard Balladur lui demande de cirer ses chaussures et de sortir son chien ", raconte un policier au journal". Mais son amour pour les belles voitures aurait fait peur aux comptables de la place Beauvau: bien qu'il roule finalement en Volkswagen Sharan, il aurait réclamé un modèle spécifique de monospace coûtant plus de 50 000 euros. Il ne serait pas le seul à avoir tiré un profit plus ou moins financier de sa protection.

En effet, selon le quotidien, Michel Charasse, ex-ministre socialiste du Budget, qui a bénéficié d'une protection jusqu'en 2013, "mettait à disposition de ses anges gardiens un pied à terre" lors de son retour à son domicile du Puy-de-Dôme. Et ce, "tout en faisant prendre en charge le loyer par le contribuable, à hauteur de 121,96 € mensuels", indique Le Parisien. La Direction générale de la police cherche désormais à se désengager de ces fameuses missions de confort, évaluées à 10 % du total des personnalités protégées, pour les réaffecter sur des missions de sécurité antiterroristes. La première, Dounia Bouzar, la fondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam. En outre, elle aurait physiquement jeté hors de son domicile un policier en criant: "Dehors, dehors!".

Richard Ferrand, pour sa part, n'a pas voulu se séparer de son service de protection rapprochée malgré son départ du gouvernement pour la présidence du groupe LREM à l'Assemblée. Il serait toujours accompagné de son officier de sécurité, qui s'avère également être son chauffeur.

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