Liban: Aoun accuse l'Arabie de retenir aussi la famille Hariri

Claudine Rigal
Novembre 21, 2017

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri, est attendu samedi à Paris pour quelques jours avant de retourner à Beyrouth au Liban pour remettre sa démission, a annoncé le président libanais Michel Aoun dans un communiqué. Cette déclaration soudaine avait placé le Liban au cœur d'une crise entre l'Arabie saoudite et l'Iran, protagonistes d'une guerre d'influence au Moyen-Orient dans le contexte de la défaite, désormais toute proche, de Daech.

Une démission polémique. Emmanuel Macron avait indiqué vendredi qu'il s'agissait d'une invitation "amicale pour discuter avec lui et accueillir le Premier ministre d'un pays ami".

Pour Issa Goraeieb, éditorialiste au quotidien L'Orient-le-Jour, "c'est avec doigté, brio, élégance et efficacité que le président Emmanuel Macron, personnellement impliqué dans la recherche d'une solution au cas Hariri, vient d'honorer une longue tradition d'amitié et de sollicitude pour le Liban". "C'est là-bas que je ferai savoir ma position sur tous les sujets après m'être entretenu avec le général Michel Aoun".

Saad Hariri sera au Liban pour participer aux célébrations de la Fête nationale qui ont lieu mercredi. Une majorité d'entre eux soupçonnaient que le premier ministre avait été contraint à la démission par l'Arabie saoudite. Une accusation rejetée par l'Arabie saoudite et par Saad Hariri. Il s'exprimait depuis l'Élysée, en début d'après-midi, après un entretien et un déjeuner avec Emmanuel Macron. La France, ancien pays mandataire du Liban, a invité le dirigeant libanais pour lui apporter son soutien. "Nous entendons être actifs dans la période qui s'ouvre".

"L'action de la France en faveur du Liban". Ce groupe rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Etats-Unis), l'Union européenne, la Ligue arabe, l'Italie et l'Allemagne.

L'objectif, souligne-t-on à Paris, n'est pas de chercher un compromis mais de créer les conditions d'une désescalade dans la région afin d'éviter une prolifération des crises. "L'objectif c'est la stabilité du Liban et sortir les tensions régionales du bon fonctionnement des institutions libanaises" dans le cadre de la politique de "dissociation".

Cette annonce intervient alors que M. Hariri est arrivé samedi à Paris, où il doit rencontrer le président Emmanuel Macron deux semaines après sa démission choc à partir de l'Arabie saoudite, son parrain politique, et des spéculations intenses selon lesquelles il était retenu en "otage" par Ryad. "C'est une région qui reste soumise aux tensions", comme en témoignent les crispations de ces dernières heures.

"La phrase du jourLe ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Jubeir, est le premier responsable saoudien de ce rang à clarifier publiquement le statut du premier ministre démissionnaire:" Hariri est un citoyen saoudien et un citoyen libanais et, en tant que tel, on ne peut pas le retenir, ce sont des allégations mensongères.

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