Liban : Saad Hariri a été reçu à l'Élysée

Claudine Rigal
Novembre 21, 2017

Ancienne puissance mandataire du Liban, la France a joué les médiateurs et Emmanuel Macron a invité à Paris Saad Hariri et sa famille "pour quelques jours", afin de sortir de l'impasse née de sa démission surprise annoncée le 4 novembre à Ryad.

Emmanuel Macron, lui, ne s'est pas exprimé après avoir raccompagné, en compagnie de son épouse Brigitte, Saad Hariri, son épouse et son fils aîné, sur le perron de l'Élysée.

Saad Hariri s'est entretenu avant son départ avec l'homme fort de l'Arabie saoudite, le prince héritier Mohammad ben Salmane. "Il a fait preuve d'une amitié infaillible et je ne l'oublierai jamais", a-t-il déclaré.

"Le rôle de la France est de parler à tout le monde", a-t-il ajouté avant de juger que "tout le monde a intérêt à chercher le calme".

Samedi matin, la présidence libanaise a annoncé que M. Hariri sera de retour au Liban mercredi pour la fête de l'indépendance. "C'est là-bas que je ferai savoir ma position sur tous les sujets après m'être entretenu avec le général Michel Aoun". "Le président (Michel) Aoun a reçu ce matin un appel téléphonique de M. Hariri l'informant qu'il se rendra au Liban pour participer à la célébration de la Fête de l'indépendance" le 22 novembre, a indiqué la présidence libanaise sur Twitter.

Signe de tension, l'Arabie saoudite a décidé de rappeler son ambassadeur à Berlin pour protester contre des déclarations du ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel laissant entendre notamment que M. Hariri était retenu contre son gré à Ryad, a annoncé samedi l'agence officielle saoudienne SPA.

Dans un tweet précédent, il avait affirmé que son séjour en Arabie saoudite visait "à mener des consultations concernant l'avenir du Liban et ses relations avec ses voisins arabes". La réunion entre le président Macron et le Premier ministre Hariri portera-t-elle d'emblée sur un départ très proche de ce dernier pour Baabda afin de statuer avec le chef de l'État libanais sur cette démission jusqu'ici télévisée et faite à partir de Riyad? "Nous entendons être actifs dans la période qui s'ouvre".

Paris envisage de réunir le groupe international de soutien au Liban, "en fonction de l'évolution de la situation", mais aucune date n'a encore été fixée. Après un bref entretien en tête à tête, Emmanuel Macron accueillera la famille de son hôte pour un déjeuner prévu au programme qui a été rendu public hier dans le communiqué.

Si la démarche des autorités françaises a permis d'apaiser temporairement les tensions entre Ryad et Beyrouth, la crise reste entière et de nombreuses questions restent en suspens.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebrane Bassil, a prévenu jeudi qu'en cas d'ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine, ravagée par une guerre civile complexe et où l'implication militaire du Hezbollah auprès du régime divise le Liban.

"L'apaisement des tensions n'est pas définitif", dit-on à l'Elysée.

Sur son site internet, le ministère des Affaires étrangères allemand cite Sigmar Gabriel comme ayant dit à Gebran Bassil que "l'Allemagne est fermement aux côtés du Liban", tout en mettant en garde contre l'exacerbation des tensions au Moyen Orient.

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