Nouvelles élections en Allemagne ? Les avis du président et d'Angela Merkel divergent

Claudine Rigal
Novembre 21, 2017

Les élections législatives du 24 septembre 2017 ont permis à l'union CDU/DSU d'obtenir une victoire en demi-teinte, qui n'habiliterait pas Angela Merkel, la chancelière allemande, de briguer un quatrième mandat si elle ne parvenait pas à élargir sa coalition à d'autres formations politiques afin de réunir la majorité nécessaire.

Aussi, face à l'impossibilité de constituer une coalition dite "jamaïcaine" (en référence aux couleurs des trois partis rappelant le drapeau de la Jamaïque), Angela Merkel a dû revoir ce même 20 novembre son positionnement. Se faisant plus rassurant, un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que la "stabilité et la continuité" restent garanties en Allemagne, malgré l'échec dimanche des négociations pour former une coalition gouvernementale.

" L'incompréhension et l'inquiétude seraient grandes dans notre pays, mais aussi à l'étranger, en particulier dans notre voisinage européen, si nos forces politiques ne faisaient pas preuve de responsabilité", a ajouté le président Steinmeier.

Mme Merkel a nié avoir commis des erreurs pendant les négociations. "J'ai eu la chancelière tard hier soir", a dit le chef de l'Etat français au début d'un entretien avec le secrétaire général des Républicains (LR) Bertrand Accoyer à l'Elysée. Ce sont les démocrates chrétiens d'Angela Merkel qui ont remporté les dernières élections législatives, mais avec un score assez faible. En cause, une hémorragie de voix vers l'extrême droite (AfD).

Plombée notamment par sa gestion de la crise migratoire en 2015, Angela Merkel se retrouve donc dans une situation des plus délicates. Les Verts voulaient davantage de souplesse.

"Nous souhaitons, pour l'Allemagne et pour l'Europe, que notre principal partenaire soit stable et fort, pour avancer ensemble", a-t-on déclaré dans l'entourage du président.

Avec la crise politique en Espagne, des élections incertaines se profilant en Italie et le départ du Royaume-Uni de l'Union, aucune autre grande puissance européenne ne semble capable de pallier au côté de la France une faiblesse politique allemande qui devrait se prolonger.

Mais contrairement à des tentations exprimées dans le passé, Paris n'a depuis son élection jamais laissé entendre qu'il serait possible d'avancer sans les Allemands ou contre eux.

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