Ongles : les professionnels du secteur exposés à des substances dangereuses

Evrard Martin
Ноября 23, 2017

Forte de ce constat, l'Anses recommande aux professionnels de renforcer " les mesures de prévention du risque chimique, afin de réduire au minimum les expositions à des agents chimiques dangereux ". Mais à l'époque, les risques éventuels pour la santé des professionnels n'avaient pas été pris en compte alors qu'ils sont amenés à manipuler de nombreuses substances chimiques. L'ANSM a donc saisi l'Anses afin d'évaluer les risques liés à l'exposition des professionnels aux produits utilisés pour le soin et la décoration de l'ongle. L'Agence nationale de sécurité sanitaire recommande également aux fabricants de produits cosmétiques de développer des produits sans agents chimiques dangereux et des produits avec lesquels le professionnel n'entrerait pas en contact.

Les professionnels du soin et de la décoration de l'ongle doivent mieux se protéger contre ces substances jugées "très préoccupantes" par les autorités publiques.

L'analyse des produits utilisés pour ces soins a permis d'identifier environ 700 substances présentes soit dans la composition du produit soit dans l'atmosphère. Soixante sont jugées "très préoccupantes" et figurent dans la classe de danger la plus élevée: elles sont classées cancérogènes, mutagènes et toxique pour la reproduction, ou inscrites sur une liste de perturbateurs endocriniens potentiels. En effet, les produits utilisés pour la cosmétique ongulaire et principalement mis en cause dans les pathologies diagnostiquées sont les produits de façonnage de l'ongle artificiel (gel, résine) contenant des monomères (méth) acryliques sensibilisants, irritants voire neurotoxiques. Ces composés entraînent notamment des allergies de contact et des problèmes respiratoires, comme des asthmes.

Par ailleurs, les professionnels du secteur sont exposés à des particules venant du ponçage de l'ongle et des résines. "La caractérisation fine de ces poussières, notamment chimique et granulométrique, est méconnue" ajoute l'Anses dans son communiqué. Les risques potentiels liés à leur inhalation sont mal connus et " il apparaît nécessaire d'améliorer les connaissances " en la matière, juge l'Anses. Qui préconise aussi " de rendre obligatoire une formation diplômante harmonisée", comprenant " un module sur la prévention des risques et les bonnes pratiques de travail ".

Allergies cutanées, asthme, ou encore maux de tête.

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