Peine de mort pour une "veuve noire" — Japon

Evrard Martin
Novembre 8, 2017

Surnommée la "veuve noire" en référence à cette araignée mangeuse de mâles, le procès de Chisako Kakehi, qui s'était ouvert fin juin à Kyoto, a tenu tout le pays en haleine.

A la suite du verdict, Chisako Kaheki n'a exprimé aucune émotion. Portant un appareil auditif, elle avait demandé à la juge de parler fort. L'an dernier, des examens médicaux avaient confirmé qu'elle était atteinte de démence, mais à un stade précoce, ce qui la rendait apte à comparaître selon le tribunal.

Selon le Parquet, Chisako Kakehi supprimait ses amants après avoir veillé à ce qu'ils la désignent comme héritière de leur patrimoine après leur mort. Sur plus de dix ans, elle avait ainsi amassé une fortune d'un milliard de yens (7,6 millions d'euros environ) sous la forme d'assurance-vie, de biens immobiliers et de dépôts bancaires, selon la presse. Elle avait par la suite perdu une bonne partie de sa fortune dans des placements financiers hasardeux et avait été arrêtée en 2014. Chisako Kakehi a tué "par amour de l'argent", a estimé mardi la juge Nakagawa.

Du cyanure a été retrouvé dans les corps d'au moins deux de ses anciens conjoints, et les enquêteurs avaient retrouvé des traces du poison dans les poubelles de sa maison à Kyoto.

Alors que ses avocats ont argué qu'elle n'était pas coupable, plaidant l'altération de sa responsabilité, Mme Kakehi, qui avait gardé le silence au début de son procès, a surpris le tribunal en admettant ultérieurement avoir tué son quatrième mari en 2013. Mais elle a ensuite créé la surprise en juillet en avouant avoir tué son quatrième époux. Ses avocats ont décidé de faire appel devant une plus haute juridiction, ce qui pourrait prolonger le feuilleton judiciaire hors norme au Japon.

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