Quand un SDF préfère la prison à la rue

Claudine Rigal
Novembre 14, 2017

Déjà condamné pour un délit antérieur, il écope d'un total de huit mois de prison ferme. Trois mois auxquels s'ajoutent cinq autres mois; un sursis qu'il avait au dessus de la tête depuis une précédente condamnation du mois d'avril. Rida, en suivant l'escorte qui le conduisait à la maison d'arrêt a dû faire ses comptes.

Rida a été un bon élève. A cause d'une mauvaise fréquentation il a été condamné une première fois, pour une affaire grave d'association de malfaiteurs il y a près de 10 ans. Depuis sept ans, il est résigné et multiplie les petits vols. Il voulait remercier un ami qui lui avait prêté 300 euros. Comme il n'a pas cette somme, il a répondu à sa commande.

Les fameuses cartes Pokemon volées par Rida...

Le butin du jour monte à au moins 177 euros, l'équivalent de 30 paquets des précieuses cartes, qui peuvent être monnayées très cher sur le marché des passionnés de Pokémon. "Je n'ai pas de revenus et c'était une manière de le lui rendre", explique le SDF lors de son audience. Mais dans sa plaidoirie elle a expliqué l'état de résignation de cet homme au "fond dépressif" qui enchaîne les condamnations. "Pour certaines personnes en cycle d'errance et de délinquance, c'est compliqué de trouver un hébergement d'urgence ou d'obtenir une place dans un foyer, on peut en venir à voler des cartes Pokémon pour avoir un peu d'argent ou à demander d'être mis en détention plutôt que de rester dans la rue", a confié Me Marion Touraille, confrontée à la situation paradoxale de devoir plaider l'emprisonnement de son client. C'est en effet sa troisième comparution immédiate en un an et demi.

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