Trump et Poutine, l'entente très cordiale

Claudine Rigal
Novembre 14, 2017

Donald Trump était particulièrement attendu le 10 novembre après le choc du retrait des États-Unis de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), plus grand projet de zone de libre-échange jamais conclu, que le locataire de la Maison-Blanche avait décrété trois jours à peine après sa prise de fonction, en janvier 2017. Je le lui ai demandé encore, a raconté le président à bord de l'avion présidentiel Air Force One. "On ne peut pas poser la question sans arrêt".

Donald Trump faisait référence aux accusations portées par les agences de renseignement américaines envers des pirates informatiques russes concernant leur implication dans des fuites de documents démocrates et dans la propagation de fausses nouvelles pour favoriser la candidature présidentielle du républicain au détriment de celle de la démocrate Hillary Clinton. "Chaque fois qu'il me voit, il me dit 'je n'ai pas fait ça' et je le crois vraiment quand il me le dit", a ajouté le président américain. Et je le crois. Il dit: "Je n'ai pas fait ça".

"Je pense qu'il se sent très insulté par cela, ce qui n'est pas une bonne chose pour notre pays parce qu'encore une fois, cela nous aiderait beaucoup d'avoir une relation avec la Russie pour la Corée du Nord, qui est notre plus gros problème en ce moment", a-t-il encore précisé.

"Le comportement du président américain est extrêmement correct et bienveillant", a estimé le président russe, lors d'une conférence de presse à l'issue du forum de l'Apec.

Vladimir Poutine, quant à lui, a eu des mots aimables pour son homologue américain. Donald Trump "est un homme bien élevé et d'un contact agréable", a-t-il assuré, interrogé sur la manière très particulière du président américain de saluer ses interlocuteurs par une poignée de main un peu brutale. Le fait qu'il n'y a pas eu de face-à-face est lié "à l'agenda chargé de Donald Trump, à mon agenda à moi et à certaines formalités du protocole", a expliqué à la presse Vladimir Poutine, en assurant n'y voir "rien de grave". "Nous ne pouvons plus tolérer ces abus commerciaux chroniques ", a-t-il affirmé, se disant en revanche prêt à des accords avec tout pays prêt à " des échanges équitables ".

L'occasion pour l'homme fort des Etats-Unis de revenir sur des dossiers sensibles comme le commerce, un domaine où il est loin de faire l'unanimité. "Nous combattrons les pratiques destructives qui consistent à contraindre les entreprises à abandonner leurs technologies ou à les forcer à des partenariats pour avoir accès aux marchés", a-t-il assuré.

L'harmonie ne paraît pourtant pas réellement à l'ordre du jour: alors que la chaîne russe RT a été contrainte de se déclarer comme "agent de l'étranger" aux Etats-Unis pour son rôle dans la diffusion de propagande, Vladimir Poutine a promis "une riposte similaire" contre les Etats-Unis.

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