Bruxelles souhaite établir un Fonds monétaire européen

Claudine Rigal
Décembre 6, 2017

La Commission veut ainsi transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds monétaire européen, qui pourrait accorder un crédit aux pays de la zone euro en difficultés financières et offrir un ultime filet de sécurité lors d'une crise bancaire. La Commission souhaite dégager, dans le prochain cadre financier pluriannuel, après 2020, une série de lignes budgétaires pour une zone euro plus stable. L'exécutif européen a avancé ce mercredi une feuille de route pour "approfondir" la zone euro, qui détaille aussi le rôle d'un futur "ministre des Finances" de la zone monétaire.

Le MES, qui a joué un rôle très important dans le dernier programme d'aide à la Grèce, pourrait ainsi se substituer au FMI, basé à Washington, dans les futurs programmes d'aide aux pays en difficulté. " Nous le rendons plus responsable devant le Parlement européen - sans affaiblir les Parlements nationaux - et nous faciliterons également les liens avec la Commission" explique Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques.

Les chefs d'État et de gouvernement doivent se pencher sur les projets de réforme le 15 décembre prochain, à l'occasion d'un sommet européen à Bruxelles. Actuellement, le MES, dirigé par un conseil des gouverneurs composé des ministres des Finances des pays de la zone euro, est un organisme intergouvernemental.

L'idée d'un Fonds monétaire européen (FME), déjà avancée à plusieurs reprises dans le passé, fait consensus, sur le papier, parmi les grandes capitales européennes.

Mais aucune décision majeure n'est attendue à ce sommet. Les Allemands ont d'ailleurs d'ores et déjà prévenu qu'ils seraient vigilants sur les compétences qui seraient attribuées à ce ministre. L'exécutif européen prévoit par contre un budget pour aider ces pays dans le chemin vers l'adoption de l'euro. "Personne n'aime le paquet (de propositions) de la Commission, mais personne ne sera assez courageux pour le dire", faisait observer une source citée par l'AFP. Les propositions de la Commission ne sont "clairement pas la fin de l'histoire", a d'ailleurs souligné en début de semaine une source diplomatique à Bruxelles.

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