La méditation permettrait de préserver son cerveau

Evrard Martin
Décembre 8, 2017

Ainsi, grâce à divers examens, les chercheurs ont pu observer que " le cortex frontal et cingulaire et l'insula des personnes pratiquant la méditation étaient plus volumineux et/ou avaient un métabolisme plus élevé que celui des témoins", indique l'Inserm dans un communiqué. Il en ressort des différences significatives au niveau de certaines régions cérébrales. À l'instar du célèbre psychiatre Christophe André, pour qui la méditation est "un outil d'hygiène de vie ", les auteurs de ce travail en font un moyen de bien vieillir.

Généralement, chez l'homme, le vieillissement entraîne une diminution du volume cérébral et un ralentissement du métabolisme du glucose. Mais ces modifications physiologiques peuvent être accélérées par le stress et une mauvaise qualité du sommeil, deux paramètres considérés comme des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer. D'où l'intérêt de chercher la meilleure façon de les combattre.

Des chercheurs de l'Inserm ont étudié les effets de la méditation sur le vieillissement cérébral.

Pour les comparer, les chercheurs ont pratiqué un double examen du cerveau: l'un, anatomique, par IRM (imagerie par résonance magnétique), l'autre, fonctionnel, utilisant la tomographie par émission de positons (TEP) pour quantifier l'activité métabolique d'un organe. " Nous avons sélectionné six " experts méditants " - dont le moine bouddhiste Matthieu Ricard - âgés en moyenne de 65 ans et pratiquant la méditation depuis longtemps et régulièrement (entre 15 000 et 30 000 heures chacun), selon différents courants traditionnels bouddhistes, explique Gaël Chételat".

La recherche prouve que la méditation (pratiquée de manière régulière) préserve les zones clés du cerveau et contribue donc à la lutte contre la maladie d'Alzheimer. Les résultats montrent des différences au niveau du volume de la matière grise et du métabolisme du glucose. Quant aux effets du vieillissement, évalués chez toutes les personnes ne méditant pas, ils se concentraient justement sur les régions préservées chez les adeptes de cette technique.

Ils souhaitent désormais confirmer ces tests en réalisant des recherches à plus grande échelle.

"Ces premiers résultats suggèrent que la méditation pourrait réduire le stress, l'anxiété, les émotions négatives et les problèmes de sommeil qui ont tendance à s'accentuer avec l'âge." déclare Gaël Chételat. Coordonnée par l'Inserm (Mme Chételat, Caen), elle vise à mieux comprendre les facteurs qui déterminent le bien vieillir, et à tester les possibles bienfaits d'entraînements mentaux à la méditation laïque, dite de "pleine conscience", ou à l'apprentissage de l'anglais sur le bien-être et la santé mentale des seniors. Les nouveaux résultats sont attendus pour 2019.

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