L'abdication de l'empereur Akihito définie

Evrard Martin
Décembre 3, 2017

Le fils aîné d'Akihito, le prince héritier Naruhito, montera sur le trône un jour plus tard, commençant une nouvelle ère, dont on ne connaît pas encore le nom. La décision a été prise le 1er décembre lors d'une réunion du Conseil de la Maison impériale, qui était présidée par le Premier ministre Shinzo Abe et comprenait des dirigeants parlementaires, des juges de la Cour suprême et des membres de la famille impériale.

Le Conseil impérial a choisi le 30 avril 2019 comme date de l'abdication de l'empereur Akihito. "Nous aimerions que tout le monde célèbre l'abdication de l'empereur et la succession du prince héritier", a-t-il dit. Une annonce suprise qui avait par ailleurs choqué le peuple japonnais.

Cette annonce surprise avait posé problème, car aucun texte de loi au Japon ne prévoyait le départ en retraite d'un empereur, une fonction censée durer à vie.

Une loi permettant à Akihito d'abdiquer dans un délai qui ne dépasse pas 3 ans a été promulguée plus tôt cette année.

Né le 23 décembre 1933, Akihito est le premier empereur à avoir été intronisé sous la Constitution de 1947, dictée par les États-Unis après la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce dernier, ainsi que ses partisans, très attachés au culte shinto, étaient, au départ, contre l'abdication d'Akihito.

La Constitution de 1947 précise qu'il est "le symbole de l'Etat et de l'unité du peuple dont la position découle de la volonté populaire, détentrice du pouvoir souverain".

Le 16 mars 2011, cinq jours après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays, faisant plus de 18.500 morts et disparus et des centaines de milliers de sinistrés, Akihito s'était ainsi adressé directement aux Japonais via la télévision, une première.

Il a rencontré sa femme, Michiko, une roturière, sur un court de tennis et leur mariage en 1959 avait fait sensation dans tout le pays.

En août 2015, il avait exprimé de "profonds remords" pour la Seconde Guerre mondiale, au 70e anniversaire de la capitulation du Japon. Le débat sur le principe de succession strictement masculin du trône japonais avait aussi été relancé. Une idée cependant abhorrée par les traditionalistes. Les règles de succession actuelles interdisent aux femmes de succéder au trône du chrysanthème et les femmes perdent leur statut royal lorsqu'elles épousent une personne qui n'est pas issue de la noblesse.

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