Le conservateur Sebastian Piñera élu président — Chili

Claudine Rigal
Décembre 18, 2017

Le successeur de Mme Bachelet aura l'économie avec lui, car, selon les prévisions de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), le PIB du Chili grimpera de 2,8 % en 2018. L'ex-chef d'Etat conservateur, à droite donc, Sebastian Piñera a remporté dimanche l'élection présidentielle au Chili succédant ainsi à la socialiste Michelle Bachelet.

Sebastian Pinera, favori du milieu des affaires, a pour sa part mené campagne en promettant " d'améliorer " les réformes de Michelle Bachelet, accusées d'avoir freiné l'investissement alors que l'économie ressentait déjà les effets de la chute des cours du cuivre, minerai dont le Chili est le premier producteur mondial.

"Nous avons subi une défaite douloureuse", a immédiatement reconnu M. Guillier, son adversaire du second tour, moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote, tout en félicitant Sebastian Piñera pour son "triomphe massif et sans appel".

Annoncé comme très serré, le scrutin a finalement tourné très nettement à la faveur de l'ancien président (2010-2014) et milliardaire, âgé de 68 ans.

La loi ne lui permet pas de se représenter, et le vent souffle désormais vers la droite dans la région: l'Argentine avec Mauricio Macri, le Brésil avec Michel Temer, le Pérou avec Pedro Pablo Kuczynski, tous ont désormais des présidents conservateurs, marquant la fin d'un cycle pour la gauche latinoaméricaine.

Selon les plus récents sondages, en date du 1er décembre, les deux adversaires seraient à égalité, et plus de 20 % des électeurs seraient toujours indécis.

L'hésitation du conducteur de taxi Jaime Pinto reflétait ce flottement: bien que de gauche, il a dit qu'il voterait "probablement" pour Piñera car "le mieux est l'ennemi du bien", sans exclure toutefois de changer d'avis au dernier moment et de voter pour le socialiste Guillier. "Plus la participation sera importante, plus Guillier aura des chances de gagner", après un premier tour où seuls 46,7% des électeurs s'étaient déplacés.

Le retour au pouvoir de Sebastian Piñera n'est pas forcément une surprise.

Il pourrait néanmoins avoir du mal à mettre en oeuvre son programme, n'ayant pas de majorité au Parlement. Les législatives, organisées lors du premier tour et pour la première fois avec un scrutin à la proportionnelle, ont laissé un paysage fragmenté dans les deux chambres.

Pour le professeur de sciences politiques à l'Université de Santiago, Rodrigo Osorio, l'issue de l'élection " va dépendre de la quantité de personnes qui iront voter ".

Marqué par 17 années de dictature sous Pinochet, le Chili représente depuis les années 1990 un pôle de stabilité politique et de dynamisme économique dans la région.

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