Les premières victimes sont les jeunes femmes — Violences en ville

Pierre Vaugeois
Décembre 7, 2017

L'étude indique que le lieu de résidence a un impact dans les déclarations de violence. Portant sur les violences perpétrées dans les espaces publics, ce nouveau volet vient apporter un éclairage précis sur la nature des violences vécues.

Avec l'âge, il semblerait que les violences dans l'espace public se fassent moins nombreuses mais elles concernent encore 8 % des femmes et 7 % des hommes âgés entre 65 et 69 ans.

Réalisée en 2015 auprès de 27 268 personnes (15 556 femmes et 11 712 hommes) âgées de 20 à 69 ans, l'enquête de l'Ined s'est intéressée aux "violences verbales, physiques ou sexuelles" subies au cours des douze derniers mois dans les différents espaces de vie (famille, études, travail, couple actuel ou passé, espaces publics). Tous âges confondus, ce serait 25 % des femmes et 14 % des hommes.

Dans le détail, 8% des femmes interrogées disent avoir été au moins une fois la cible d'insultes. Ainsi, les jeunes femmes de 20 à 24 ans, vivant dans des grandes villes sont particulièrement visées. Et les jeunes femmes sont les premières victimes de comportements inacceptables dans l'espace public.

Sans surprise, si les femmes sont plus sujettes aux violences sexistes, les hommes aussi subissent insultes et violences. Dans la plupart des cas, le ou les agresseurs sont des hommes. Et: est-ce que vous trouvez ça grave? A cette question, les réponses peuvent sembler surprenantes, car elles contrastent avec le relevé quantitatif des faits. Elle révèle que les violences ressenties sont omniprésentes.

Si les faits sont là, la gravité qui leur est accordée varie entre les femmes et les hommes. Ils sont 85 000 par an à avoir subi ce type de violences. En somme, depuis l'affaire Weisntein et le mouvement de prise de parole porté par #metoo, le seuil de tolérance aux actes autrefois considérés comme mineurs aurait baissé. Exploration de cette étude, publiée en plein débat sur une éventuelle pénalisation du harcèlement de rue (qui pourrait s'appeler "outrage sexiste"), envisagée par le gouvernement français et déjà mise en place en Belgique (lire ci-dessous). Emmanuel Macron a confirmé le 25 novembre la création prochaine d'un nouveau délit d'"outrage sexiste", pour permettre à la future police de proximité de verbaliser les auteurs de harcèlement de rue.

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