Que le gouvernement français sorte de sa torpeur — Honduras

Claudine Rigal
Décembre 7, 2017

"Je veux mettre fin à la crise, mais je représente un peuple qui est opprimé, qui veut que la justice soit faite", a déclaré Nasralla, qui a réaffirmé qu'il était prêt à dialoguer pour faire respecter la volonté des Honduriens. La question se pose dix jours après l'élection, suivie d'une interminable phase de dépouillement, de polémiques, d'accusations et de manifestations.

L'Organisation des États américains (OEA), organisme qui a assisté en tant qu'observateur international au scrutin du 26 novembre dernier, a refusé de valider la réélection proclamée par le Président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, invoquant des " irrégularités " et des " erreurs " qui se sont produites au cours du processus électoral. Zelaya soutient le candidat de l'Alliance de l'opposition contre la dictature, Salvador Nasralla, présentateur de télévision. Cédant aux pressions des observateurs internationaux, le Tribunal électoral avait en effet accepté de vérifier les 5 000 procès-verbaux mis en causes par l'opposition, n'écartant pas la possibilité d'ouvrir les urnes des bureaux de vote concernés. Elle considère désormais qu'il est nécessaire de revoir tous les procès-verbaux, au nombre de 18 000, et même de recompter tous les bulletins de vote un à un. Il a été crédité de 41,3% des voix, contre près de 43% à son adversaire.

L'aspirant de gauche était pourtant donné en tête dans les premiers résultats partiels, avant d'être doublé.

La vérification intégrale est vue comme une tentative de calmer la colère de la population.

Vendredi, le Conseil des ministres du Honduras a donc suspendu plusieurs garanties constitutionnelles et décrété l'état d'urgence, avec un couvre-feu prévu sur une période de dix jours, pour contrôler les mobilisations de l'opposition.

Dans la capitale Tegucigalpa comme ailleurs dans le pays, des milliers d'habitants continuent de défier le couvre-feu pour ériger des barricades et d'organiser des concerts de casseroles.

Dans les rues du Honduras, le couvre-feu a généré un chaos automobile et forcé les habitants à faire la queue devant les magasins pour s'approvisionner avant qu'ils ferment. Selon le journal local El Heraldo, plus de 1300 personnes ont déjà été arrêtées pour ne pas l'avoir respecté.

Ajoutant à la confusion, lundi soir, des centaines de policiers ont manifesté pour affirmer leur refus de faire appliquer l'état d'urgence et de réprimer les manifestations de l'opposition.

Son opposant, Salvador Nasralla, dont les partisans sont descendus dans la rue pour crier à la "fraude" et au "vol" de cette élection, a déclaré à l'AFP qu'il ne pourra "jamais accepter" ces résultats, car "ni officiels, ni définitifs". L'eurodéputée portugaise Marisa Matias, coordinatrice de la mission de l'Union européenne, a appelé le TSE à la prudence: "S'il vous plaît, ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé".

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