12 millions de boites rappelées dans 83 pays — Lait Lactalis contaminé

Xavier Trudeau
Janvier 14, 2018

AFPLe PDG de Lactalis Emmanuel Besnier a affirmé ce dimanche que l'opération de retrait du commerce de lait en poudre pour bébés concernait 83 pays et plus de 12 millions de boîtes. Il s'agit de bébés de moins de 6 mois, c'est pour nous, pour moi, une très grande inquiétude. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le très secret PDG de Lactalis promet d'indemniser "toutes les familles qui ont subi un préjudice" dans l'affaire des laits infantiles contaminés à la salmonelle. "Nous faisons le maximum pour régler la situation et comprendre comment des produits qui n'étaient pas sains ont pu être mis sur le marché", affirme encore le patron du groupe.

Pour lui, la 'priorité absolue, c'est la sécurité maximale', même s " il n'y aura jamais de risque zéro sur cette question comme sur d'autres'. "Ils savent qu'il faut tout retirer des rayons ", a-t-il déclaré.

Interrogé sur les "centaines" de plaintes déposées par des parents de nourrissons dans toute la France, et alors qu'une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre par le pôle santé publique du parquet de Paris notamment pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui", Emmanuel Besnier a assuré qu'il ne cacherait rien. Il a promis d'indemniser "toutes les familles qui ont subi un préjudice" en raison d'une contamination à la salmonelle de produits du géant français du lait. Concernant ces victimes, Emmanuel Besnier rappelle les chiffres: "D'après le ministère de la Santé, 35 bébés ont été malades". "On nous dit aujourd'hui qu'ils vont bien, c'est l'essentiel", a-t-il précisé".

'Mais nous allons tirer les leçons de cette crise et rebâtir un plan de contrôle sanitaire encore plus strict, en concertation avec les autorités', précise Emmanuel Besnier.

Après la rencontre vendredi à Bercy entre M. Besnier et le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, le groupe Lactalis avait ordonné la reprise de tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon (Mayenne), élargissant encore les rappels successifs lancés depuis début décembre. "Nous sommes une entreprise discrète", explique-t-il. Ma famille a grandi dans une culture de la simplicité et de la discrétion, c'est aussi un peu la mentalité de notre région.

"C'est vrai, je ne suis pas d'une nature expansive".

"Nous sommes discrets mais nous ne refusons jamais de discuter avec personne: clients, consommateurs, autorités. Dans une crise comme celle-là, on cherche d'abord à agir, et peut-être n'ai-je pas pris le temps nécessaire pour expliquer les choses, ce que je fais aujourd'hui". "Nous ne le faisons pas dans la lumière, mais nous allons à la rencontre des gens. pour travailler, pas pour être vu".

Avec plus de 60 sites industriels et 15.000 salariés en France, le groupe, dont le siège est basé à Laval en Mayenne, demeure très implanté dans l'Hexagone, où il fabrique et commercialise des produits sous les marques Président, Lactel ou encore Bridel. L'usine de Craon, à l'arrêt depuis le 8 décembre (250 salariés au chômage technique et 80 reclassés), devrait encore rester fermée plusieurs mois, selon Emmanuel Besnier.

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