200 chasseurs vont venir appuyer les gendarmes du département — Oise

Claudine Rigal
Janvier 10, 2018

La Fondation 30 Millions d'Amis a saisi la justice, mercredi, afin de contester le dispositif "Chasseurs vigilants" dans l'Oise qui permet à une centaine de chasseurs de prêter main-forte aux forces de l'ordre dans des missions de vigilance et de prévention.Des chasseurs dans un bois de La Chapelle-Glain (Loire-Atlantique), le 14 février 2015. De là est née l'idée, mise en application dès fin janvier, de faire des chasseurs de l'Oise les auxiliaires de la gendarmerie. "Ils", ce sont les chasseurs du département de l'Oise qui seront d'ici quelques jours affectés à la surveillance des bois et des forêts du département pour appuyer les forces de l'ordre sur ces zones parfois difficiles d'accès et que les militaires ne peuvent pas couvrir efficacement. "Leur mission consistera à observer, à nous alerter et à sensibiliser les personnes qui fréquentent les milieux naturels".

Véhicules abandonnés, dépôts d'ordures sauvages, pêches et chasses illégales, personnes disparues.

"Les chasseurs seront tous identifiés, en cas d'urgence, s'ils appellent [.] leur numéro sera reconnu". Les chasseurs pourront également prendre des photos des infractions constatées qu'ils pourront remettre ensuite aux autorités compétentes. "Ils feront simplement ce que tout citoyen peut être amené à faire, c'est-à-dire nous prévenir".

Selon la Fédération des chasseurs de l'Oise, 110 chasseurs ont déjà été recrutés. "Cela a permis à la gendarmerie d'arrêter les auteurs, qui ont été condamnés", explique au Parisien Luc Vandenabeele, président de l'association de chasse d'Anserville. La sélection est réalisée par la gendarmerie et un casier judiciaire vierge est indispensable.

Le dispositif a fait réagir de nombreux organismes. La Fondation 30 Millions d'Amis s'interroge sur les dangers et les dérives d'une telle mission... L'association de défense du droit animal dénonce le fait que "des prérogatives de sécurité et de pédagogie soient confiées à des personnes armées non assermentée".

Doit-on s'inquiéter de voir naître une nouvelle "milice en camouflage", comme le redoute la Ligue des droits de l'homme de l'Oise?

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