Bruxelles propose d'investir un milliard d'euros dans des superordinateurs européens

Claudine Rigal
Janvier 12, 2018

C'est un grand défi, sachant que les superordinateurs actuels sont arrivés à la limite de leur conception, avec une puissance de lordre de vingt pétaflops (vingt millions de milliards dopérations en virgule flottante par seconde), mais ce n'est pas une chose impossible. Le calcul à haute performance est encore essentiel pour la sécurité et la défense nationales, lorsqu'il s'agit par exemple de mettre au point des technologies de chiffrement complexes, de localiser des cyberattaques et d'y réagir, de déployer la criminalistique de manière efficace ou d'effectuer des simulations nucléaires.

La Commission européenne a annoncé jeudi son intention d'investir conjointement avec les Etats membres dans la mise en place d'une infrastructure européenne de superordinateurs d'envergure mondiale. D'où l'idée de créer ce réseau à travers une nouvelle entité juridique et financière qui serait baptisée EuroHPC (pour calcul haute performance européen). C'est dans ce contexte que les sept pays ont signé la déclaration EuroHPC.

"L'activité de la structure opérationnelle au Grand-Duché pourrait démarrer " au cours du second semestre 2018 " et soutenir aussitôt un programme de recherche et d'innovation dans le développement des technologies, machines et applications permettant à ces superordinateurs de traiter plusieurs milliards de calculs à la seconde". Dans l'ensemble, environ un milliard d'euros de fonds publics seraient investis d'ici à 2020 et les membres privés de l'initiative pourront également apporter des contributions en nature. "Aujourd'hui nous ne sommes pas dans le top ten ", a-t-elle expliqué. Aucun des dix plus puissants superordinateurs au monde ne se trouvent d'ailleurs dans des pays de l'UE, ce qui conduit de plus en plus souvent les scientifiques et les entreprises européennes à effectuer le traitement de leurs données en dehors de l'Union.

Ce manque d'indépendance constitue une menace pour la vie privée, la protection des données, les secrets commerciaux et la propriété des données, notamment pour les applications sensibles. Même enthousiasme chez le ministre de l'Économie, Étienne Schneider, pour qui cette proposition de la Commission " confirme la renommée de notre pays en tant que 'smart nation', paré pour une société numérique ".

Selon Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne chargé du marché unique numérique, "les superordinateurs sont le moteur qui fait avancer l'économie numérique".

L'Europe accuse cependant un retard important sur les Etats-Unis, la Chine et le Japon dans le développement de cette technologie.

Grâce à l'initiative prise aujourd'hui, les investissements seront mis en commun afin d'établir des superordinateurs et des infrastructures de mégadonnées européens de premier plan.

Croyez-vous que cela est nécessaire ou suffisant pour lindépendance de lUE dans léconomie fondée sur les données?

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