Catherine Deneuve critiquée sur les réseaux sociaux — "Liberté d'importuner"

Evrard Martin
Janvier 13, 2018

Signataire d'une tribune à contre-courant de l'indignation après l'affaire Weinstein, Catherine Deneuve s'attire les foudres de la presse internationale.

Une tribune cosignée notamment par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Sophie de Menthon publiée dans Le Monde mardi 9 janvier et revendiquant la "liberté des hommes d'importuner", fait débat.

Le scandale de harcèlement sexuel par le producteur Harvey Weinstein a ouvert la voie à une véritable vague de révélations sous le hashtag #MeToo (#BalanceTonPorc en français sur Twitter).

De son côté, le journal allemand Die Welt tente une explication: "En France, l'idée est que, si vous donnez des noms, vous avez plus de chances d'être accusée de collabo ou de traître". "Les femmes ont besoin d'égalité, de respect et de liberté sexuelle". Catherine Deneuve, icône d'un monde ancien?

" Le viol est un crime".

" En face, les hommes sont sommés de battre leur coulpe et de dénicher, au fin fond de leur conscience rétrospective, un " comportement déplacé " qu'ils auraient pu avoir voici dix, vingt ou trente ans, et dont ils devraient se repentir", peut-on lire dans la tribune publiée dans les pages du Monde.

Toutes les femmes ne partagent pas le même avis sur la question: dans quelle mesure la "drague insistante" relève-t-elle du délit, la galanterie d'une "agression machiste"?

L'ancienne ministre socialiste du Droit des femmes Laurence Rossignol a de son côté qualifié la tribune de "gifle à l'encontre de toutes les femmes qui dénoncent la prédation sexuelle".

Pour ces militantes, parmi lesquelles Caroline de Hass, les journalistes Giulia Foïs et Lauren Bastide ou la psychiatre Muriel Salmona, "les signataires mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence". "On ne peut pas parler de liberté d'atteindre à l'intégrité physique, sexuelle ou psychologique d'une femme, il s'agit d'un délit".

Celles qui se sentent agressées par une main glissée sous une jupe dans le métro, des éructations vulgaires dans la rue, ou la main baladeuse d'un collègue-patron-client seraient donc simplement "coincées", et ne comprendraient pas ces pauvres hommes frustrés sexuellement. Conclu par un cinglant: " Les porcs et leurs allié.e.s s'inquiètent? "Elles n'y arriveront pas", poursuivent les signataires. C'est normal. Leur vieux monde est en train de disparaître.

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