Des salmonelles détectées dans l'usine au mois d'août — Lactalis

Evrard Martin
Janvier 5, 2018

Dans un communiqué diffusé ce mardi soir, Quentin Guillemain, président de l'association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, a lancé: "C'est extrêmement grave car cela indique que la production de solutés de réhydratations, céréales et autres produits, pourtant retirés du marché par Lactalis, n'est pas et n'a jamais été suspendue alors même qu'ils sont également suspectés d'être contaminés et sont produits dans la même usine de Craon". Ce mercredi, sans répondre directement aux accusations de soustraction d'informations, la direction de Lactalis a démenti d'autres allégations du Canard enchaîné, d'après qui l'usine aurait stoppé sa production de laits infantiles tout en continuant à fabriquer des céréales notamment. "Non seulement le groupe laitier français a profondément affaibli ses fournisseurs producteurs de lait en asphyxiant les prix pendant des années jusqu'à la fameuse crise laitière de 2006, mais sa course folle pour la rentabilité à tout prix a des impacts sanitaires directs sur les consommateurs", a fait valoir M. Chenu. Un scandale pour Le Canard enchaîné, qui met aussi en cause les autorités publiques: "Comment les contrôleurs (du ministère) s'y sont-ils pris pour ne détecter en septembre aucune salmonelle, alors que l'on sait aujourd'hui, après enquête, que l'usine était infectée depuis février au moins?" s'interroge un expert en sécurité sanitaire des aliments, cité de façon anonyme dans l'hebdomadaire satirique. "Des conclusions en contradiction, donc, avec rapport de contrôle interne réalisé par Lactalis en août qui faisait état de la présence de la bactérie sur le matériel de nettoyage et sur les carrelages".

Nouveaux rebondissements dans l'affaire Lactalis, suite à un article du Canard enchaîné paru hier. La direction du groupe affirme que non. Cette usine est précisément celle dont provenaient les lots de laits infantiles que Lactalis a dû retirer de la distribution depuis le 2 décembre 2017, à cause de la présence de salmonelles. Cela a donné lieu comme il se doit à l'application d'un programme de nettoyage adapté et à des contrôles renforcés sur les lots fabriqués à ces dates, contrôles qui se sont tous révélés négatifs. "En septembre, lors du contrôle mené [par les autorités sanitaires], rien n'était positif". "_Il y a une partie fromagère_, mais qui elle n'est pas concernée par cette affaire de contamination", ajoute Frédéric Veaux. Il s'agit d'une polémique inutile. Ségolène Noviant, cofondatrice de l'association, a quant à elle lancé une pétition en ligne pour que les produits infantiles soient soumis à plus de contrôle le 26 décembre: déjà plus de 15 000 signatures récoltées, et leur nombre redouble depuis hier. Au moment de le consulter, cependant, ses auteurs le disent introuvable.

Des salariés de Craon au chômage technique?

Ces mesures ne concernent pas la totalité de 350 salariés du site.

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