Empathie du pape pour les peuples autochtones d'Amazonie

Claudine Rigal
Janvier 21, 2018

Le pape François, pour la première fois en Amazonie vendredi dans le sud-est du Pérou, s'est insurgé contre "l'esclavage sexuel" et les innombrables violences faites aux femmes et aux adolescentes, entretenus par une "culture machiste".

Dénonçant tour à tour "la forte pression des grands intérêts économiques qui convoitent le pétrole, le gaz, le bois, l'or, les monocultures agro-industrielles", mais aussi la politique de protection de certains Etats qui "accaparent de grandes superficies de terre et en font un moyen de négociation", le pape a appelé à un dialogue entre les églises locales amazoniennes et les indigènes.

Il se rend dans un pays enfoncé dans une profonde crise, depuis la grâce accordée à Noël à l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, condamné pour corruption et crimes contre l'humanité.

Après sa messe, le pape a rencontré deux victimes de la dictature militaire du Chili.

Le pape a tout d'abord offert spontanément de marier deux agents de bord du transporteur aérien LATAM, à 11 000 mètres d'altitude, pendant qu'il se rendait à Iquique, une plage populaire du nord du pays qui accueille aussi des dizaines de milliers de migrants attirés par l'économie robuste de la région. Il n'y a pas une seule preuve contre lui.

Le pape François boucle jeudi une visite au Chili avant de s'envoler vers le Pérou. Chahuté par des manifestants présents parmi la foule des fidèles, le souverain pontife a même reçu un projectile alors qu'il déambulait juché sur sa papamobile, en chemin pour rejoindre le lieu d'où il allait donner une messe en plein air dans la capitale chilienne, comme le rapporte l'agence de presse italienne ANSA le 16 janvier 2018.

En janvier 2015, le pape François avait pris la décision très controversée de nommer Juan Barros à la tête du diocèse d'Osorno (sud), bien qu'il soit soupçonné d'avoir protégé le père Fernando Karadima, un ancien formateur charismatique de prêtres.

Le pape a fait ce constat lors d'un discours prononcé dans la ville de Puerto Maldonado. "Pour la première fois de l'Histoire, nous sommes réunis" entre différents peuples d'Amazonie, des indigènes du Brésil et de Bolivie ayant également fait le déplacement, en bus, en avion ou en bateau à travers la jungle, se réjouit-il.

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