Espionnage - Ikea : le parquet de Versailles veut un procès contre l'enseigne

Xavier Trudeau
Janvier 12, 2018

Ikea aurait ainsi fait appel à au moins un prestataire extérieur et à des policiers qui consultaient le STIC, un fichier des services de police répertoriant les auteurs et les victimes d'infractions pour délivrer ces informations sur les salariés.

Ce réquisitoire du parquet, qui demande également le renvoi de quinze personnes, est l'aboutissement de près de six années d'enquête qui ont permis de lever le voile sur un système relevant de méthodes de barbouzes peu conformes à l'image de marque d'un groupe d'ameublement mondialement célèbre.

Des magistrats français ont requis que soient jugés Ikea France et 15 personnes, dont des policiers, soupçonnés d'avoir mis en place un vaste système d'espionnage de salariés et de clients de l'enseigne, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête. "Sa décision, qui ne sera pas connue avant plusieurs mois, devrait, toutefois aller dans le même sens" précise Le Monde.

Ikea France s'est refusé à tout commentaire sur le réquisitoire du parquet, n'en ayant pas été notifié.

La maison-mère a quant à elle réagi en souhaitant "rappeler que les charges retenues contre (sa filiale) sont en totale contradiction avec ses valeurs".

L'hebdomadaire d'investigation Le Canard Enchaîné avait révélé l'affaire en février 2012.

Le but: récolter un maximum d'informations sur leurs antécédents judiciaires ou sur l'état de leur compte en banque. Le PDG France du groupe entre 2010 et 2015, Stefan Vanoverbeke, son prédécesseur Jean-Louis Baillot ainsi que le directeur financier de 2009 à 2014, Dariusz Rychert, sont eux aussi inculpés dans le dossier et risquent un renvoi au tribunal. Dans ce cadre de nombreuses perquisitions ont été réalisées au siège du groupe en région parisienne et dans des enseignes en province.

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