Fin de la trêve avec la guérilla de l'ELN — Colombie

Claudine Rigal
Janvier 10, 2018

L'ONU et l'Eglise catholique, qui participent à la vérification du respect de la trêve entre le gouvernement colombien et la guérilla de l'ELN, en vigueur depuis le 1er octobre et jusqu'au 9 janvier, ont demandé aujourd'hui un "cessez-le-feu plus solide". "Nous appelons (le gouvernement) à revoir" sa position, a déclaré à Quito le commandant Pablo Beltran, négociateur en chef des rebelles. L'ELN, une guérilla inspirée de la révolution cubaine et issue en 1964 d'une insurrection paysanne, a pour la première fois de son histoire signé un cessez-le-feu bilatéral avec le gouvernement colombien. La question de savoir si une nouvelle trêve va être décidée domine la reprise des négociations de paix entre les deux parties, mercredi à Quito. La principale société pétrolière du pays a annoncé qu'il y avait eu "une possible attaque" contre un oléoduc à Aguazul, à environ 300 kilomètres de la capitale, Bogota. Les autorités ont en outre rapporté une attaque à la grenade contre un poste de sécurité de l'armée dans le département d'Arauca, à la frontière du Venezuela, où l'ELN a une forte présence.

"Mon engagement pour la paix a été et sera total". "Nous, nous restons ici (à la table des négociations)". Mais la paix se conquiert avec de la bonne volonté et des actes concrets.

"De façon inexplicable, l'ELN a non seulement refusé, mais a relancé ses attaques terroristes ce matin", a déclaré le président Juan Manuel Santos lors d'un bref discours télévisé, mercredi.

Il s'agit du niveau de tension le plus élevé atteint durant ce processus lancé en février 2017.

"Il semble qu'une ligne dure au sein de l'ELN soit en train de s'imposer", a-t-il estimé.

L'ELN, dernière guérilla active de Colombie, a déclaré dans un message à la fin de l'année qu'elle continuerait à négocier la paix avec le gouvernement colombien même si le cessez-le-feu n'était pas prorogé.

Bien que le gouvernement colombien et la guérilla guévariste aient chacun de leur côté exprimé à plusieurs reprises leur volonté de prolonger cette trêve, l'accord précédent avait déjà été fragilisé par des accusations mutuelles de violations.

Par ailleurs, le groupe guévariste considère comme une violation du cessez-le-feu la mort de sept paysans qui protestaient contre l'éradication forcée de la coca début octobre dans une zone frontalière de l'Equateur. Et là, selon le parquet colombien, deux officiers de l'armée de terre seraient impliqués.

En un demi-siècle, le conflit armé colombien a fait au moins 260'000 morts, plus de 60'000 disparus et 7,4 millions de déplacés.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL