Hugh Masekela, le "père du jazz sud-africain", est décédé

Xavier Trudeau
Janvier 23, 2018

Finalement, ce démenti "rassurant" a été rattrapé par le communiqué publié par la famille mardi, dans lequel on peut lire: "C'est avec une immense tristesse que la famille de Ramapolo Hugh Masekela annonce son décès. Après une courageuse bataille contre un cancer de la prostate, il est décédé paisiblement à Johannesburg, entouré de ses proches", fait savoir sa famille. Le père de l'afro-jazz, né en 1939, était influencé par le trompettiste américain Bix Beiderbecke. "On n'oubliera pas sa contribution à la lutte pour la libération", s'est lamenté le président sud-africain Jacob Zuma.

" Un baobab est tombé", a salué le ministre sud-africain de la Culture Nathi Mthethwa".

Hugh Masekela en concert en 2006 à La Nouvelle-Orléans. Pris en main par le futur archevêque Trevor Huddleston, qui lui offre son premier bugle, il se fait rapidement une place dans le milieu du jazz sud-africain au sein de différentes formations dont les Jazz Dazzlers, devenant l'un des artisans de l'émergence d'un style musical bientôt emblématique de l'identité périurbaine de Johannesburg et de la lutte contre la ségrégation raciale: le mbaqanga. "Je l'ai prise et je me suis senti comme un poisson dans l'eau ", racontait-il.

Elevé par sa grand-mère dans la petite ville de Witbank (nord), il expliquait que c'était là, entouré de mines de charbon, que son "âme avait été emportée par la musique".

En 1961, à la suite du massacre de Sharpeville, Masekela s'exile aux États-Unis, où il épouse la chanteuse Miriam Makeba. Le trompettiste n'a cessé de se battre pour la libération de Nelson Mandela, lutte qui s'illustre au travers de titres tels que Bring Him Back Home (le ramener à la maison) ou encore, Grazing in the grass, l'un de ses plus grands hits qui a détrôné les Rolling Stones.

De retour sur le continent africain, il joue avec le roi de l'afrobeat, le Nigérian Fela Kuti, et participe en 1974 à l'organisation du festival en amont du duel de boxe historique entre Mohamed Ali et George Foreman à Kinshasa.

Dans les années 1980, il construit un studio d'enregistrement mobile au Botswana et part en tournée avec Paul Simon pour le fameux album "Graceland".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL