Iran : deux morts dans des manifestations qui sont à leur quatrième jour

Claudine Rigal
Janvier 13, 2018

La police a dispersé samedi à Téhéran des jeunes qui protestaient contre le pouvoir, malgré la mise en garde du gouvernement contre les "rassemblements illégaux", au troisième jour du mouvement. Jusque là, la capitale iranienne Téhéran est globalement moins touchée par les protestations que les villes petites et moyennes même si 450 personnes y ont été arrêtées depuis samedi, selon les autorités.

En fin d'après-midi, des centaines de personnes ont manifesté ailleurs dans le quartier de l'université, scandant des slogans hostiles au pouvoir. Une crise sans précédent depuis les manifestations de 2009, alimentée par la situation économique du pays et exacerbée par la politique du président Hassan Rohani, principale cible des manifestants.

L'Union européenne a dit lundi soir "espérer" que le droit de manifester sera "garanti", dans un communiqué de la porte-parole de la cheffe de sa diplomatie Federica Mogherini.

Sur Twitter, le ministre des Télécommunications, Mohammad-Javad Jahromi, a accusé Telegram d'encourager le "soulèvement armé".

Ces améliorations n'ont toutefois pas encore eu d'effet sur la vie de l'Iranien moyen.

Les autorités ont parallèlement durci le ton face aux manifestants qui protestent depuis jeudi contre la vie chère et le gouvernement en Iran, avertissant qu'ils seraient sévèrement punis en cas d'infraction à la loi. Alors qu'Hassan Rohani oscille entre appels au calme et à la fermeté, 10 personnes sont mortes.

Au total, 21 personnes -dont 16 manifestants- ont été tuées dans des violences liées à ces rassemblements, les plus importants depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009. Elle a déclaré qu'il était nécessaire d'entendre "les revendications légitimes" de la population.

Le président Rohani demande à son homologue français Emmanuel Macron lors d'une conversation téléphonique de prendre des mesures contre les activités d'un " groupe terroriste " iranien basé en France et impliqué selon lui dans les manifestations, dans une claire allusion aux Moudjahidine du peuple.

La promesse de relancer l'économie, atone en raison des sanctions internationales passées et de mauvaise gestion, a été l'une des promesses de campagne de Rohani, réélu pour un second mandat en mai.

Donald Trump dénonce un régime " brutal et corrompu ".

Ces arrestations ont été fermement condamnées vendredi par l'administration américaine, qui a fait de Téhéran une de ses bêtes noires. Il a également tweeté: "Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années". Cité par l'agence de presse Reuters, le ministre des Renseignements de l'Etat hébreu, Yisrael Katz a déclaré sur la radio de l'Armée israélienne le 1er janvier: "Je ne peux que souhaiter la réussite au peuple iranien dans sa lutte pour la liberté et la démocratie", précisant toutefois: "Israël a décidé de ne pas se mêler de cette affaire interne".

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