L'armée reconnaît l'existence d'un charnier de Rohingyas — Birmanie

Claudine Rigal
Janvier 11, 2018

L'armée birmane a admis mercredi son implication dans le massacre de dix Rohingyas, reconnaissant également pour la première fois l'existence d'un charnier de membres de cette minorité musulmane dans l'Etat Rakhine (nord). "Des habitants du village d'Inn Din et des membres des forces de sécurité ont reconnu avoir tué dix terroristes bengalis", a indiqué le bureau du chef de l'armée dans un post sur Facebook, rappelant des faits survenus le 2 septembre dernier dans l'Etat Rakhine, sur la côte ouest du pays. Jusqu'ici, l'armée birmane a toujours nié les accusations émises par des Rohingyas qui ont fait état de massacres, de viols et d'actes de tortures à l'encontre de leur communauté.

Le message confirme également pour la première fois l'existence d'une charnier de victimes rohingyas dans cette région où l'armée a lancé sa campagne de répression contre la minorité musulmane.

Plus de 650.000 musulmans rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh depuis le début des représailles militaires lancées après l'attaque coordonnée, le 25 août, d'une trentaine de commissariats, par les séparatistes de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ASRA).

L'armée a précisé que l'enquête était parvenue à la conclusion que des forces de sécurité avaient tué les dix personnes en question, ajoutant qu'ils feraient l'objet de mesures punitives.

L'Onu et les Etats-Unis ont évoqué d'une campagne de "nettoyage ethnique", tandis que la Birmanie estime que son armée mène des opérations contre-révolutionnaires légitimes. Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation.

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