Le bilan de Macron est inégal, selon HWR — Droits de l'Homme

Claudine Rigal
Janvier 19, 2018

Après une campagne électorale "exceptionnelle" et des promesses de changer les choses, vient le temps des bilans pour Emmanuel Macron.

Lors de la conférence de presse, le 18 janvier, le directeur exécutif d'HRW se souvient du début de l'année précédente: "Trump arrivait à la Maison Blanche, on avait l'impression que la montée du populisme dans le monde était inévitable". "L'action de " dirigeants politiques disposés à défendre les principes des droits humains ", " une mobilisation populaire " et " des acteurs multilatéraux efficaces " ont " démontré que la montée de gouvernements hostiles aux droits n'est pas inéluctable ", se réjouit HRW.

L'ONG, plus habituée à dénoncer des atteintes graves aux droits humains, a choisi cette année de mettre l'accent sur ce constat optimiste. Celle de son homologue français Emmanuel Macron est vue, dans le rapport 2018, comme " l'exemple le plus frappant du succès de la résistance au populisme xénophobe ". Mais quand les dirigeants politiques de grands partis traditionnels capitulent face à la rhétorique de haine et d'exclusion, les populistes autoritaires prospèrent. Dans son essai introductif, le directeur exécutif de l'organisation, Kenneth Roth, montre que lorsque des dirigeants s'opposent fermement aux politiciens diabolisant les minorités, attaquant les droits humains et fragilisant les institutions démocratiques, ils peuvent limiter la progression des populistes.

Bien que le Président Macron ait avertit, mardi à Calais, les forces de l'ordre sur la question des dépassements à l'égard des migrants, M.Roth juge le bilan du Président "mitigé" en déclarant: "À son crédit, M.Macron a délivré un message très clair aux policiers à Calais, s'adressant directement à eux pour dire qu'aucun abus envers les migrants serait toléré". Le président cherche " à durcir la loi " envers les migrants, alors qu'un projet de loi asile-immigration doit être présenté en février. Mais il a regretté que le chef de l'État ait eu "à peine un mot " sur les droits de l'Homme lors de sa récente visite en Chine ou lors de la venue en France du président égyptien Abdel Fattah Sissi.

Dans la 28 édition de son Rapport mondial (version intégrale en anglais, 643 pages - version abrégée en français, 180 pages - PDF), Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de 90 pays. " Il a fait beaucoup de dégâts, mais ces dégâts ont été contenus, notamment ses efforts pour empêcher les musulmans d'entrer aux États-Unis, pour détricoter le droit à l'assurance santé", ou encore " pour interdire aux transgenres de servir dans l'armée américaine".

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