"Le départ de Juppé ? C'est l'époque des soldes…" — Michèle Alliot-Marie

Claudine Rigal
Janvier 22, 2018

Après l'élection de Laurent Wauquiez, en décembre dernier, à la présidence des Républicains, plusieurs ténors du parti ont décidé de rendre leur carte ou bien de prendre une certaine distance avec la nouvelle direction.

Le début de l'année, c'est l'heure des inventaires qui permettent de redémarrer sur des bases claires. Dans son viseur: Alain Juppé, ancien candidat malheureux à la primaire de la droite et du centre, maire de Bordeaux, et figure du parti Les Républicains qui a récemment annoncé son retrait et le non-paiement de sa cotisation 2018 au parti. C'est aussi l'époque des soldes. Et pense qu'il faut "lui laisser du temps" et qu'il sera jugé "sur ce qu'il va concrètement faire dans les prochains mois". "Il faut respecter ce choix démocratique", exhorte-t-elle. "Je suis persuadée qu'il a les capacités, la volonté et l'énergie qui peuvent permettre de fédérer les envies et répondre aux interrogations du moment." . "Mais à la différence qu'en politique, les Français ne sont pas fans du vintage", juge-t-elle à propos d'Alain Juppé.

Jean-François Copé et Valérie Pécresse en ont aussi pris pour leur grade. Avec ces garçons, j'ai toujours l'impression que c'est le retour à la cour d'école maternelle: "puisque c'est pas moi le chef, alors je m'en vais", raille-t-elle. Mais ne pas respecter le choix des militants, c'est une marque de suffisance qui est difficilement acceptable.

Pour elle, "qu'il y ait des débats internes, c'est normal". Ceci dit, c'est toujours mieux que de saper la maison de l'intérieur. Trop nombreux sont ceux qui considèrent encore que le but de la politique, c'est de servir leur carrière. Michèle Alliot-Marie réserve ses flèches les plus acérées à Alain Juppé. Et allonger une liste de saillies déjà bien longue. Dire que c'était le meilleur d'entre nous.

Dans son livre Au cœur de l'État (Plon), paru en 2013, l'ancienne ministre accusait enfin Alain Juppé de "chercher à éliminer tous ceux qui auraient pu le concurrencer dans l'esprit ou l'affection" de Jacques Chirac. "Et lorsque la question est posée à Michèle Alliot-Marie de savoir si le retrait de l'ex-Premier ministre est une bonne chose, la députée européenne joue sur les métaphores".

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