Les Etats-Unis bloquent le rachat de MoneyGram par le chinois Alibaba

Claudine Rigal
Janvier 5, 2018

"Les deux opérateurs internationaux ont renoncé au gros pactole estimé à 1,2 milliard de dollars, du fait du veto du Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS) ".

En réponse à une question sur la faillite du projet d'Ant Financial, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a appelé, le 3 janvier, les Etats-Unis à assurer un environnement équitable et prévisible aux investisseurs chinois, soulignant que la coopération économique et commerciale est par nature profitable à toutes les parties concernées, et précisant que le gouvernement chinois demande toujours aux entrepreneurs souhaitant se développer à l'étranger d'observer les règles et les lois des pays d'accueil.

Ils ont déploré ce refus "malgré des efforts considérables pour répondre aux préoccupations du Comité ". Le cas Money Gram aux USA devra inspirer l'autorité compétente à défendre l'entrepreneur Kabirou MBODJE.

"L'environnement géopolitique a considérablement changé depuis que nous avons annoncé la transaction proposée avec Ant Financial il y a près d'un an", a affirmé le directeur général de MoneyGram, Alex Holmes.

La société mère d'Ant Financial, Alibaba, est l'une des entreprises les plus importantes au monde, avec plus de 500 milliards de dollars de valorisation boursière. Il visait à s'étendre internationalement avec le rachat de MoneyGram, société sise à Dallas et spécialisée dans le transfert de fonds à l'étranger. Le groupe américain compte environ 1.300 employés. Le CFIUS, un organisme multi-agences placé sous la houlette du Trésor américain, est chargé d'examiner les acquisitions étrangères et peut les faire bloquer pour des raisons de sécurité nationale.

Ce dernier se prononce sur les opérations transfrontalières susceptibles de poser un risque pour la sécurité nationale. Les deux groupes ont néanmoins fait état de leur intention de poursuivre des "coopérations stratégiques " entre eux, en Chine comme aux Etats-Unis ainsi que dans d'autres marchés asiatiques comme l'Inde ou les Philippines. Selon des informations de presse, les autorités américaines auraient exprimé des inquiétudes sur la sécurité des données personnelles pouvant servir à identifier des citoyens américains ainsi que sur le contrôle des transactions vis-à-vis du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme. Washington a ainsi durci sa position sur les prises de contrôles de sociétés américaines par des entités chinoises au moment où Donald Trump accentue la pression sur Pékin dans le dossier nord-coréen et en matière d'échanges commerciaux. Ces acquisitions auraient pu concerné le géant américain des semi-conducteurs Lattice Semiconductor Corp par le chinois Canyon Bridge Capital Partners pour 1,3 milliards de dollars, l'assureur américain Genworth Financial Inc par China Oceanwide Holdings Group pour 2,7 milliards de dollars et la firme de marketing mobile AppLovin qui devait être rachetée par Orient Hontai Capital pour 1,4 milliards de dollars.

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