Patrick Drahi sépare ses branches US et Europe — Altice

Xavier Trudeau
Janvier 9, 2018

Les investisseurs se sont massivement délestés de leurs titres Altice au cours du second semestre 2017 en raison d'inquiétudes sur la solidité financière du groupe.

"La séparation permettra aux deux entités de se focaliser davantage sur les opportunités de création de valeur sur leurs marchés respectifs et assurera une plus grande transparence pour les investisseurs", lit-on dans un communiqué publié tard lundi soir à la suite d'une réunion du conseil d'administration d'Altice NV.

L'action Altice s'adjuge 5,86% à 10 euros à 11h20, après un plus haut à 10,44 euros qui laisse cependant le titre à la moitié de son plus haut des douze derniers mois, touché le 9 mai à 23,43 euros. L'opération sera réalisée par une répartition secondaire d'actions (ou spin-off: les actionnaires d'Altice recevront des actions d'Altice USA).

Nouvelle initiative de Patrick Drahi pour redonner du tonus au groupe Altice.

Altice USA comprendra les câblo-opérateurs américains Suddenlink et Cablevision. À l'issue de la scission, prévue d'ici la fin du deuxième trimestre 2018, les actionnaires d'Altice NV se verront proposer 0,4163 action d'Altice USA par action détenue.

"Les actions d'Altice USA ont pâti du fait de leur association avec les résultats plus mitigés de la maison mère européenne", estime Craig Moffett, analyste chez MoffettNathanson interrogé par Reuters. L'objectif pour le magnat des médias est de séparer les activités américaines, prometteuses, des activités européennes dans la tourmente, tout en gardant le contrôle des deux entités.

Altice s'est développé massivement aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe à coup d'acquisitions financées par la dette, emmenant son endettement net, de quelque 50 milliards d'euros, à plus de cinq fois son excédent brut d'exploitation (Ebitda) annuel. L'actuel DG du groupe, Dexter Goei, héritera de la direction d'Altice USA, tandis que Dennis Okhuijsen sera nommé à ce poste côté Europe.

Lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, le groupe a fait savoir mardi que les revenus de sa division en France avaient reculé d'environ 2% en 2017. Par effet de bord, le futur d'Altice Europe semble plus incertain, alors que SFR ne parvient pas à renouer avec la rentabilité et que les autres actifs du groupe, comme Altice Portugal (Portugal Telecom) ne devraient pas suffire à compenser ces mauvais résultats.

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