Syndicats et patronat refusent des droits dégradés pour les démissionnaires — Unédic

Claudine Rigal
Janvier 12, 2018

Les organisations patronales et syndicales ont entamé, jeudi, la négociation sur l'épineuse réforme de l'assurance-chômage qu'ils doivent boucler le 16 février. Une fois la copie rendue à la mi-février, le gouvernement qui a pourtant prôné la "co-construction" avec les partenaires sociaux a prévenu qu'il reprendrait ce qui lui conviendrait.

Depuis, les ambitions ont été revues à la baisse.

C'est une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, il s'agit de faire bénéficier aux travailleurs indépendants des droits en matière d'allocation-chômage, comme en bénéficient les salariés du secteur privé. Un calendrier très serré, pour des dossiers très complexes, un contexte très cadré, par une lettre du gouvernement aux partenaires sociaux exprimant ses attentes.

Premier thème abordé par patronat et syndicats: l'ouverture de l'indemnisation chômage aux indépendants et aux démissionnaires, et la lutte contre l'abus de contrats précaires. Il existe déjà 15 cas de démissions ouvrant droit à une indemnisation chômage (70 000 démissionnaires en bénéficient chaque année), notamment la mutation d'un conjoint ou d'une conjointe. Seule exception, les plateformes, qui pourraient être mises à contribution. Comment faire en sorte d'ouvrir cette option, sans créer un effet d'aubaine qui plomberait les comptes déjà dans le rouge de l'Unédic (la dette de l'assurance chômage dépasse les 30 milliards d'euros)? Patronat et syndicats se penchent sur la feuille de route que leur a donnée le gouvernement à la mi-décembre. Ce matin, Pascal Pavageau (Force ouvrière), le successeur annoncé de Jean-Claude Mailly, a soulevé un " problème de faisabilité et un principe de réalité " sur Sud-Radio.

Même son de cloche côté patronal.

La ministre du Travail a récemment confirmé qu'il fallait "renforcer les sanctions" à "l'encontre des chômeurs fraudeurs", ce qui n'est pas au goût notamment de la CGT.

L'absence de cotisation nouvelle ne signifierait toutefois pas que l'assurance chômage resterait à budget constant.

Sur ces deux derniers sujets (contrôle et gouvernance), le gouvernement voulait initialement garder la plume mais les partenaires sociaux ont indiqué qu'ils souhaitaient aussi s'en saisir. " Il faut raccorder cette question avec celle de la formation professionnelle ", a abondé la CPME. Le président de la République attend des "résultats significatifs au bout de 18 à 24 mois" après la réforme du code du travail.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL