Un nouveau mort lors de violences en Iran

Claudine Rigal
Janvier 14, 2018

Le gouvernement a mis en garde samedi contre de nouveaux "rassemblements illégaux", après deux jours de protestations contre les difficultés économiques - chômage et inflation - et le pouvoir.

Dans la nuit, l'Internet a été coupé sur les téléphones portables au moins à Téhéran, ont constaté les journalistes de l'AFP. L'accès à la messagerie cryptée Telegram, très utilisée en Iran (40 millions d'Iraniens y ont recours pour rester en contact avec leurs amis et suivre les infos) a été aussi limité puis censuré pour affaiblir la révolte populaire.

A Téhéran, la police a notamment fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser les manifestants qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir dans le quartier de l'université. Des centaines d'étudiants prorégime ont pris plus tard le contrôle du lieu, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. La police anti-émeute, largement déployée, est intervenue pour empêcher les étudiants de sortir dans la rue.

D'autres médias ont fait état de destructions dans la capitale, dénonçant des "fauteurs de troubles".

"Le président Rohani a déclaré que les Iraniens avaient le droit à la critique, mais qu'il n'hésiterait pas à agir contre les manifestants". Au bout de 5 jours, on compte une vingtaines de personnes tuées; 450 manifestants arrêtés selon les sources officielles et qui sont pour la plupart des jeunes et des ados sans casiers officiels. Sur Twitter, le ministre des télécommunications, Mohammad-Javad Jahormi, a accusé Telegram, très suivi en Iran, d'encourager le " soulèvement armé ". "Nous agirons contre les violences et ceux qui provoquent la peur et la terreur", a averti le ministre de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli. Et plusieurs responsables ont laissé entendre que les rassemblements de protestation étaient organisés depuis l'étranger.

Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour les manifestations.

Les manifestants ont également mis le feu à des voitures de police. "Bien que les gens aient le droit de protester, les protestataires doivent savoir comment ils sont dirigés", a-t-elle écrit.

Les manifestations contre la vie chère et le pouvoir ont commencé jeudi en Iran.

Mais le régime continue d'avoir un large soutien parmi la population, avec la mobilisation de dizaines de milliers de personnes samedi pour marquer l'anniversaire du rassemblement qui a mis fin à la contestation de 2009.

Pour la première fois samedi, la télévision d'État a diffusé des images des manifestations de jeudi et vendredi. Vingt-et-une personnes sont mortes dans les troubles liés aux protestations qui ont dégénéré en violences dans plusieurs endroits, et des centaines ont été arrêtées.

Revenant à la charge contre le régime iranien, ennemi juré des États-Unis, le président Donald Trump a affirmé que "le temps du changement " était venu en Iran, après avoir dit que "les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais ".

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